Au Gabon, Ali Bongo rompt son silence et annonce un remaniement ministériel

Denis Sassou Nguesso est attendu à Libreville

Denis Sassou Nguesso est attendu à Libreville

Il s'est adressé à ses compatriotes, par le biais de la télévision d'État, samedi soir, à l'occasion de la commémoration du décès de son père, le président Omar Bongo, décédé le 8 juin 2009.

L'objectif de ce remaniement: "un gouvernement plus restreint, constitué de femmes et d'hommes prêts à donner la priorité à l'intérêt général" et "capable de faire preuve d'exemplarité". Suite à son accident, Ali Bongo avait rejoint le Maroc pour poursuivre sa convalescence.

Juste après l'annonce de cette allocution, certains observateurs de la vie politique, à l'instar de l'écologiste Marc Ona Essangui se sont questionnés sur la qualité de ladite allocution télévisée.

"Le ménage doit être fait au sein de notre classe politique, au sein de laquelle le mot 'éthique' doit résonner avec force", a-t-il ajouté. "Ceux qui se mettent en travers de cette voie sont prévenus: ils seront sèchement écartés", a averti M. Bongo, au pouvoir depuis 2009 dans ce pays pétrolier d'Afrique centrale.

Vêtu d'un costume bleu marine et portant une cravate bleu ciel, M. Bongo, 60 ans, s'exprimait depuis son bureau, joignant le geste à la parole avec ses deux mains pendant un discours qui a duré plus de huit minutes.

Depuis son AVC, l'opposition réclamait que la vacance du pouvoir soit déclarée et s'interrogeait sur la capacité d'Ali Bongo, rentré au Gabon le 23 mars, à diriger le pays.

Le balai des chefs d'Etat à Libreville se poursuit et s'intensifie.

La cérémonie présidée par le chef de l'Etat gabonais Ali Bongo Ondima s'est déroulée au Palais présidentiel en présence des présidents du Mali, Ibrahim Boubacar Keïta, du Congo, Denis Sassou Nguesso, du Centrafrique, Faustin-Archange Touadéra, du Togo, Faure Gnassingbé et de la Guinée équatoriale, Teodoro Obiang Nguema, ainsi que d'autres responsables africains.

L'annonce d'un remaniement survient deux semaines après le limogeage du vice-président gabonais et du ministre des Forêts, accusés d'avoir participé à un trafic de kevazingo, un bois précieux présent au Gabon, chiffré à plusieurs millions d'euros.

" Il est capital pour notre nation d'en finir avec la corruption qui gangrène nos institutions, la mauvaise gestion et la mauvaise gouvernance qui nous empêchent d'avancer et nous interdisent de récolter les fruits des efforts colossaux (...) fournis par l'État", a déclaré Ali Bongo Ondimba.

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