Etats-Unis - Mexique : Accord sur l'immigration

Evolution mensuelle du nombre de migrants interpellés à la frontière entre le Mexique et les Etats Unis depuis octobre 2017

Les Etats-Unis et le Mexique d'accord pour éviter les tarifs commerciaux

Mexico, 8 juin 2019 (AFP) - Le président du Mexique Andres Manuel Lopez Obrador s'est félicité vendredi de l'accord conclu avec les Etats-Unis sur l'immigration, en affirmant être heureux d'"éviter" l'imposition par Washington de droits de douane à son pays.

"Une extorsion", s'indignent de leur côté des éditoriaux mexicains. "Trump s'empare des vulnérabilités du Mexique pour les exploiter au maximum", déplore le quotidien Proceso, tandis que La Jornada souligne que les exigences de Trump "causeraient bien du tort à la superpuissance [les États-Unis], car le Mexique est le principal marché pour les exportations de son voisin du Nord".

Reste maintenant à déterminer comment sera mesuré le succès de l'accord et l'efficacité des mesures prises par Mexico.

La semaine dernière, M. Trump avait menacé d'imposer un tarif douanier de 5% sur tous les produits mexicains à partir du 10 juin, afin de faire pression sur le pays pour qu'il arrête le flux de migrants sans papiers traversant la frontière.

Les chefs d'entreprise et les membres de son propre parti ont incité le président à suspendre les droits de douane, les économistes mettant en garde contre une augmentation des prix de milliers de produits importés du Mexique. "Ce sera intéressant de voir comment les médias vont couvrir cela", a-t-il tweeté. De telles taxes étaient de nature à faire couler par le fond cet accord pourtant défendu par Donald Trump.

Cette annonce a marqué un changement de ton par rapport à quelques heures plus tôt, vendredi, lorsque la porte-parole de la Maison-Blanche, Sarah Sanders, a déclaré aux journalistes en Irlande que la position de l'administration n'avait pas changé et que les tarifs entreraient en vigueur comme prévu lundi. Mexico a également accepté de prendre "des mesures sans précédent pour lutter contre l'immigration illégale", avec le déploiement de la Garde nationale, notamment à sa frontière avec le Guatemala.

Donald Trump, qui a fait de la lutte contre l'immigration clandestine l'une de ses priorités, avait accusé le Mexique de ne rien faire ou presque pour freiner le passage sur son sol de migrants d'Amérique centrale qui finissent par entrer clandestinement aux Etats-Unis.

Plus généralement, l'opposition américaine a regretté que le président ait utilisé une nouvelle fois la menace des tarifs douaniers. "Les menaces et les accès de colère ne sont pas un moyen de négocier une politique étrangère", a ajouté Nancy Pelosi, la cheffe des démocrates à la Chambre des représentants.

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