Soudan: appel à la "désobéissance civile"

Au Soudan, la « désobéissance civile » paralyse le pays

Quatre morts au Soudan, au premier jour d'un mouvement de désobéissance civile

La circulation automobile était, par ailleurs, réduite dans la capitale alors que les transports en commun semblaient absents. Selon des témoignages concordants, les manifestants n'hésitent pas à interdire aux habitants de ces quartiers de se rendre à leur travail, surtout que les leaders de la contestation ont clairement appelé à la désobéissance civile.

Deux des quatre personnes décédées ont été tuées par balles à Khartoum et la ville voisine d'Omdourman, tandis que les deux autres ont été "battues et poignardées" et sont mortes dans un hôpital d'Omdourman, a indiqué ce comité de médecins dans des communiqués distincts. L'armée régulière d'un côté, et les milices des Forces de soutien rapide (RSF) de l'autre bénéficient d'une telle bienveillance de certains parrains régionaux et internationaux que les experts craignent une extension et une aggravation du conflit.

L'action lancée par l'Association des professionnels accuse les putschistes, au pouvoir d'être responsables du bain de sang du 3 juin et de la répression qui s'est poursuivie les jours suivants.

Le bras de fer s'est davantage durci, hier, entre les manifestants soudanais, appelés à la "désobéissance civile", et les forces militaires qui veulent les empêcher de reprendre la rue au lendemain de la violente évacuation du sit-in permanent observé juste face au siège de l'armée à Khartoum. Le gouvernement a nié ces chiffres, évoquant un bilan de 61 tués.

Vendredi, selon Essam Abou Hassabou, membre de l'ALCcité par l'Afp, " une voiture avec hommes armés s'est arrêtée, ils ont emmené Mohamed Esmat vers un lieu inconnu et sans donner d'explication ".

Son offre de médiation avait été saluée par les deux parties.

Ce dernier a ajouté que Moubarak Ardoul, porte-parole de ce mouvement, a également été " embarqué ". Son arrestation a été vivement condamnée par les Etats-Unis et l'Union européenne.

Arrivé vendredi pour tenter de trouver une issue à la crise soudanaise, le Premier ministre éthiopien avait mené une série de rencontres avec les représentants de la contestation populaire ainsi qu'avec le président du Conseil militaire, le général Abdel Fattah al-Burhane.

Le Conseil militaire a pris la tête du pays depuis la destitution par l'armée de l'ex-président Béchir le 11 avril, à la faveur d'un soulèvement populaire inédit déclenché en décembre. Mais les négociations sont suspendues depuis le 20 mai en raison de divergences sur la transition.

Durant la visite du Premier ministre éthiopien, les généraux se sont dits "ouverts aux négociations" mais l'ALC a opposé des conditions, dont une enquête internationale sur le "massacre" du sit-in.

Des images diffusées sur Internet ont également montré l'aéroport déserté par le personnel en grève, entraînant le blocage des valises des passagers.

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