Le "G20 Finances" met en garde contre les risques des tensions commerciales

La directrice du FMI Christine Lagarde le 5 juin 2019 à Washington

La directrice du FMI Christine Lagarde le 5 juin 2019 à Washington

FUKUOKA, Japon, 9 juin (Reuters) - La croissance mondiale devrait s'accentuer modérément cette année et l'année prochaine, estiment dimanche les ministres des Finances et les banquiers centraux des pays du G20, réunis à Fukuoka au Japon, dans leur projet de communiqué final.

Pour autant, la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), Christine Lagarde, a demandé dimanche aux représentants des pays du G20, réunis à Fukuoka au Japon, de s'assigner comme priorité la résolution des tensions commerciales, afin d'atténuer les risques pesant sur la croissance mondiale.

Ils ont toutefois dit comprendre les préoccupations de leur homologue américain, le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin, qui s'inquiète d'un risque de discrimination à l'encontre des entreprises américaines du numérique. "Mais je ne pense en aucun cas que le ralentissement observé dans plusieurs régions du monde soit la conséquence des tensions commerciales", a-t-il indiqué. Dans leur ligne de mire: l'escalade entre Pékin et Washington- les deux premières économies mondiales- qui fait peser de gros risques sur la croissance mondiale.

Pour le ministre français de l'Economie et des Finances, Bruno Le Maire, "Nous avons eu un G20 constructif".

"Oui il y a un ralentissement en Europe, en Chine et ailleurs".

Autour de la table, un homme s'est cependant démarqué de cette antienne. "La route devant nous demeure précaire".

Réserve fédérale américaine (Fed), Banque centrale européenne (BCE), Banque du Japon (BoJ): les grandes banques centrales sont toutes sur le qui-vive, prêtes à agir si nécessaire, même si leurs marges sont limitées tant elles ont déployé des moyens en masse depuis la crise financière d'il y a 10 ans.

Le gouverneur de la BoJ, Haruhiko Kuroda, a répété sa vigilance face aux "incertitudes".

Autre sujet phare de ce G20 Finances, la réforme de la taxation du numérique, et là le consensus a semblé dominer la rencontre même si les pays restent divisés sur la méthode. "Ces derniers ont promis de " redoubler d'efforts " pour " remettre de la justice fiscale sur la scène internationale ", selon les propos de Bruno Le Maire rapportés par l'AFP. Finalement, les vingt principales économies mondiales se sont mises d'accord sur la nécessite d'établir d'ici 2020 des règles communes pour en finir avec les niches fiscales dont bénéficient les GAFA pour minimiser leurs impôts, selon la version finale du communiqué du G20, consultée par Reuters. Du côté de Washington, la tendance va vers une approche " très large ne se limitant pas au secteur du numérique ".

Taxer Facebook, Google et autres multinationales du numérique - "Gafa" - non plus en fonction de la présence physique, de l'endroit où se situent leurs bureaux, mais de là où elles enregistrent leurs revenus: voilà l'idée.

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