Syrie : 12 enfants orphelins de familles jihadistes sont arrivés à Paris

En Syrie 210 mineurs français vivraient dans des camps insalubres selon le dernier décompte effectué fin avril. AFP  Delil Souleiman

En Syrie 210 mineurs français vivraient dans des camps insalubres selon le dernier décompte effectué fin avril. AFP Delil Souleiman

Les autorités kurdes estiment qu'un autre groupe d'orphelins français pourrait être remis prochainement à la France.

Les enfants, dont le plus âgé a dix ans, vivaient dans des camps du nord-est de la Syrie où ont été recueillies des dizaines de milliers de personnes ayant fui les offensives militaires des forces arabo-kurdes, appuyées par la coalition internationale, contre le dernier bastion de l'EI dans l'est de la Syrie.

Les responsables kurdes ont remis "douze orphelins français issus de familles de l'OEI à une délégation du ministère français des Affaires étrangères", a déclaré Abdelkarim Omar, un haut responsable des Affaires étrangères de l'administration kurde, cité par l'AFP.

En mars déjà, 5 orphelins et une fillette dont la mère a été condamnée à la perpétuité en Irak ont été rapatriés en France.

Samia Maktouf, avocate de familles françaises d'enfants retenus en Syrie, a salué "une étape très importante", car "il en va de la sécurité de ces enfants, qui étaient confrontés à un danger de mort imminent".

L'opération s'est déroulée dimanche dans la localité d'Aïn Issa, près de la frontière turque, selon lui.

Selon le Quai d'Orsay, environ 450 ressortissants français affiliés au groupe Etat Islamique sont détenus en prison ou retenus dans des camps syriens.

Les autorités kurdes sont débordées par la gestion de cette masse de détenus.

Les autorités locales kurdes en Syrie ont remis dimanche 9 juin à une délégation française 12 orphelins de familles djihadistes, dont le plus âgé a 10 ans, a annoncé lundi un responsable dans un communiqué. Mais les pays concernés, notamment en Europe, rechignent à récupérer les femmes, et gèrent souvent au cas par cas le retour des enfants.

Dans un courrier daté de lundi 27 mai, le président de la Commission nationale consultative des droits de l'homme (CNCDH), Jean-Marie Delarue, avait interpellé le gouvernement sur l'urgence de rapatrier ces enfants en France.

La semaine dernière, deux Américaines et six enfants, issus de familles liées à l'EI en Syrie, ont été rapatriés aux États-Unis, qui pressent les pays européens de reprendre leurs djihadistes.

Des orphelins avaient aussi été remis à la Norvège, et environ 150 femmes et enfants à l'Ouzbékistan. Ils sont arrivés à Paris-Villacoublay lundi au petit matin.

A leur retour en France, les enfants devraient être admis dans une structure hospitalière pour des examens médicaux, notamment psychologiques, avant d'être pris en charge par l'aide sociale à l'enfance (ASE) dans le cadre d'une ordonnance de placement provisoire, valable 10 jours. Le magistrat décidera ensuite de leur capacité à accueillir ces enfants qu'ils rencontrent parfois pour la première fois.

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