Diplomatie: Sanctions: Téhéran met en garde Washington

Le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif lors d'une conférence de presse à Bagdad le 26 mai 2019

Le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif lors d'une conférence de presse à Bagdad le 26 mai 2019

Le président américain Donald Trump a retiré unilatéralement en mai 2018 son pays de l'accord international sur le nucléaire iranien conclu à Vienne en 2015, ce qui a entraîné le rétablissement de dures sanctions économiques contre l'Iran.

"Il s'agit, par définition, d'un terrorisme économique car les États-Unis exercent des pressions, par ce que leur Président appelle le conflit, sur les Iraniens ordinaires afin de changer les politiques de leur gouvernement", a-t-il déclaré aux journalistes en marge de l'événement.Le ministre iranien n'est pas le seul haut responsable à avoir critiqué le dollar américain ces derniers jours. C'est ainsi qu'a réagi Téhéran, vendredi 7 juin, à l'offre française d'ouvrir de nouvelles négociations sur ces sujets.

Téhéran a rejeté vendredi l'idée de nouvelles négociations sur son programme nucléaire, évoquée la veille par Emmanuel Macron alors que Washington a imposé des sanctions contre un grand groupe pétrochimique iranien. La France - dont les projets d'investissements en Iran sont gelés jusqu'à présent - avait lancé officiellement il y a six mois avec l'Allemagne et le Royaume-Uni l'Instex (Instrument in Support of Trade Exchanges), souhaitant à travers cette structure mettre en place des transactions non monétaires avec l'Iran.

Aux termes de l'accord, l'Iran s'est engagé à ne jamais chercher à se doter de la bombe atomique et a accepté de réduire drastiquement son programme nucléaire en échange de la levée d'une partie des sanctions économiques internationales qui asphyxiaient son économie.

"Le fait de soulever des questions en dehors du JCPOA (accord nucléaire) ne contribue pas à la sauvegarde du JCPOA mais augmentera au contraire la méfiance des (Etats) toujours parties" à l'accord, a déclaré le porte-parole des Affaires étrangères iraniennes, Abbas Moussavi, dans un communiqué publié sur le site de son ministère.

Téhéran a annoncé s'affranchir de deux de ses engagements pris au titre de l'accord nucléaire.

Les sanctions américaines rendent pratiquement impossible la moindre transaction internationale avec une banque iranienne et de récentes mesures prises par Washington visent à empêcher totalement l'Iran d'exporter son pétrole, première source de recettes pour l'État.

Le fait d'élargir l'accord " aiderait seulement l'Amérique à se rapprocher de son objectif, qui est l'effondrement du JCPOA ", a-t-il poursuivi. " On ne peut pas s'attendre à ce qu'une guerre économique contre le peuple iranien continue et [à ce que] ceux qui la soutiennent ou l'ont déclenchée restent en sécurité", a martelé le chef de la diplomatie, Mohammad Javad Zarif. "Nous parlerons, mais une chose est sûre: ils ne peuvent pas avoir l'arme nucléaire", avait-il ajouté.

L'Iran et les Etats-Unis n'entretiennent plus de relations diplomatiques depuis 1980 et leurs rapports se sont envenimés après l'arrivée au pouvoir du président Trump.

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