Hong Kong maintient son projet de loi controversé malgré la manifestation — Extradition

Foule monstre entre des édifices

Manifestation à Hong Kong pour protester contre un projet de loi facilitant les extraditions vers la Chine

Jusqu'à présent, la plus forte mobilisation avait eu lieu en 2003 lorsqu'un demi-million de personnes avaient manifesté contre un texte anti-subversion, contraignant l'exécutif local à reculer.

"C'est une loi très importante qui va permettre de faire triompher la justice et assurera que Hong Kong respecte ses obligations internationales en matière de criminalité transfrontalière et transnationale", a déclaré aux journalistes la cheffe de l'exécutif hongkongais, Carrie Lam. "L'examen en seconde lecture du projet de loi reprendra le 12 juin", a-t-elle poursuivi.

La sécurité a été renforcée autour du LegCo, aux abords duquel des groupes appellent à manifester mercredi matin.

Mardi, plus d'une centaine de commerces avaient annoncé leur intention de fermer leurs portes. "Et si nous effacions tout et l'appelions directement Chine", ironise le studio.

Jean-Philippe Beja: Il y a actuellement la formule: "Un pays, deux systèmes" [au terme de l'accord de rétrocession entre Londres et Pékin, Hong Kong jouit d'une semi-autonomie depuis 1997 et en théorie jusqu'en 2047].

Plus de 1.600 employés de compagnies aériennes ont signé une pétition demandant à leur syndicat de se mettre en grève.

Des enseignants, infirmières et travailleurs sociaux ont également fait part de leur volonté de cesser le travail dans ce territoire où les grèves sont rares. Le diocèse catholique de Hong Kong a ainsi exhorté Mme Lam, une catholique fervente, à renoncer.

Largement contesté, le projet de loi doit apporter des changements sur la question des extraditions pour simplifier les procédures permettant d'envoyer des suspects vers des pays ou territoires tiers comme la Chine continentale, Macao et Taïwan, en plus des vingt pays avec lesquels Hong Kong dispose déjà de conventions d'extradition. Cela permettrait, selon le gouvernement, de pallier un "vide juridique" et d'éviter que Hongkong ne soit un "sanctuaire d'officiels chinois corrompus" et "un repaire de criminels".

"Pékin a promis, ce lundi, de " soutenir fermement " le gouvernement de Hong Kong, alors que la presse chinoise officielle a imputé la responsabilité des énormes manifestations à des " forces étrangères ", accusant notamment les opposants politiques de " collusion avec l'Occident ".

Lors du " Mouvement des parapluies " de la fin 2014, les manifestants prodémocratie avaient réclamé l'élection du chef de l'exécutif au suffrage universel. Pékin n'avait rien lâché.

L'opposition au projet de loi rassemble un large front de la société hongkongaise, allant des hommes d'affaires aux avocats et aux étudiants, aux partisans de la démocratisation et aux communautés religieuses. Carrie Lam " est en train de pousser Hong Kong au bord du précipice ", a dénoncé la députée pro-démocratie, Claudia Mo.

Elle a aussi fait état des inquiétudes américaines pour l'environnement économique à Hong Kong et pour les Américains de passage ou installés sur place, qui seront "soumis au système judiciaire capricieux de la Chine".

La Chine a fustigé mardi les "propos irresponsables et erronés".

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