Heurts à Toulouse dès le début de la manifestation — Gilets jaunes

Acte 31: après sept mois de protestation que deviennent les gilets jaunes

La mobilisation s'est indubitablement essoufflée depuis novembre. Mais que deviennent ces gilets jaunes qui n'ont pas renoncé au combat ?Plus

Quelque 7.000 personnes ont manifesté en France à l'occasion du 31e samedi de mobilisation des "Gilets jaunes", soit le total le plus faible depuis le début du mouvement, selon les chiffres du ministère de l'Intérieur. Près d'un millier de manifestants étaient toutefois présents à Paris et à Toulouse où le cortège a été dispersé par les forces de l'ordre quelques minutes après son départ.

"On avançait joyeusement, on chantait, et d'un coup des dizaines de policiers se sont rués sur nous, arrachant les banderoles et matraquant les manifestants en tête du cortège", raconte Bastien, l'un des manifestants, les yeux rougis. Plusieurs autres manifestants ont livré à l'AFP un récit similaire.

En quelques secondes, sous un épais nuage de gaz lacrymogène, le cortège s'est dispersé.

"On s'est fait fouiller et on nous a dit que l'on risquait une amende allant de 135 € à 700 €", s'insurgent Kévin et Nicolas, deux Albenassiens venus dans le Gard. Ils ont d'ailleurs fait la connaissance d'un américain fervent supporter des gilets jaunes et présent spécialement pour la manif. "Je n'ai raté aucune manifestation depuis le début du mouvement (le 17 novembre, ndlr), mais en général je me retire vers 16h, avant le début de la castagne", dit la septuagénaire, une canne à la main. "Qu'est-ce qu'ils nous veulent? Pourquoi tant de violence?" Dix-sept ont été interpellés, pour jets de projectiles notamment.

Cette nouvelle manifestation annoncée, non déclarée en préfecture, inquiète fortement les pouvoirs publics, qui craignent l'arrivée de casseurs et de black-blocs, à l'instar de la manifestation tendue qui s'était déroulée à Montpellier (Hérault), lors de l'acte 30.

"À Paris, quelque 950 " gilets jaunes ", selon l'Intérieur, ont défilé dans l'est de la capitale".

Samedi, les gilets jaunes prévoient de se rassembler dès midi, place Arnaud-Bernard, puis à 13h à Jeanne d'Arc et à 14 heures à Jean-Jaurès, puis de défiler dans les rues du centre-ville. "Je continue de venir tous les samedis, je ne veux pas abandonner, il faut continuer au moins jusqu'aux municipales pour donner un souffle nouveau", explique Bertrand, 55 ans, qui admet une " baisse claire " de la mobilisation.

Dernières nouvelles