Les députés de gauche dénoncent un "mauvais coup" — Assurance chômage

Le secrétaire générale de la CFDT Laurent Berger à l'Elysée le 10 décembre 2018

Le secrétaire générale de la CFDT Laurent Berger à l'Elysée le 10 décembre 2018

Le gouvernement a présenté mardi une vaste réforme de l'assurance chômage qui vise à obtenir jusque 250 000 demandeurs d'emploi en moins et 3,4 milliards d'euros d'économies d'ici 2021 par un durcissement des règles d'indemnisation, une incitation pour les entreprises à moins recourir aux contrats courts et un accompagnement renforcé des chômeurs.

Dévoilées par le gouvernement, ce mardi, les mesures réformant l'assurance chômage ont été vivement critiquées par la gauche, qui a dénoncé un " mauvais coup " et une réforme de " petit comptable " qui " rabougrit " le droit à l'indemnisation.

Il fait le pari que sa réforme générera des "effets de comportement" qui permettront d'accélérer la baisse encore lente du chômage mais aussi de réduire l'endettement de l'Unedic (35 milliards) avec des économies de 1 à 1,3 milliard d'euros par an.

Bonus-malus pour les patrons sur les contrats courts, dégressivité des allocations pour les plus hauts revenus... les prochaines règles d'indemnisation de l'assurance chômage sont connues.

Enfin, voir son indemnisation prolongée nécessiter d'avoir travaillé six mois au lieu d'un an pendant sa période de chômage. Parmi les mesures phares notamment, la mise en place d'une taxation des contrats de travail courts.

Tous les salariés âgés de 57 ans ou plus ne seront pas concernés par la mesure.

"Cette réforme " inefficace " et " inique " représente un " durcissement majeur des conditions d'indemnisation des privés d'emploi", a de son côté réagi Catherine Perret, dirigeante de la CGT, à sa sortie de Matignon.

Autre mesure, le bonus-malus, une des promesses de campagne d'Emmanuel Macron, sera appliqué dans sept secteurs. Mais le bâtiment, la santé ou l'audiovisuel ne sont pas concernés. Les employeurs de salariés intermittents du spectacle ne seront pas concernés par cette mesure mais conserveront la cotisation patronale supplémentaire de 0,5% introduite par la convention de mars 2017. "Laurent Berger, le numéro un de la CFDT, s'est dit " en colère " contre la réforme " profondément injuste " de l'assurance chômage, qui sera " archi perdante " pour l'ensemble des demandeurs d'emploi et ne " responsabilise qu'en partie " les entreprises " qui usent et abusent de la précarité ". Par ailleurs, le calcul de l'allocation chômage sera revu pour "qu'à travail égal, allocation (soit) égale", selon Muriel Pénicaud.

C'est pourquoi, les indemnités chômage seront calculées sur le revenu mensuel moyen du travail et non sur les seuls jours travaillés comme c'est le cas actuellement. Elle sera comprise entre 65 et 96% du salaire net mensuel moyen antérieur. Le plafond de l'indemnisation maximale restera de 6615 euros net.Le gouvernement avance trois raisons: un chômage des cadres faible.

Pour éviter la prolongation de ces périodes, les salariés qui avaient un revenu du travail supérieur à 4 500 euros bruts par mois verront à partir du 1er novembre leur indemnisation réduite, au début du septième mois d'indemnisation, de 30 %, avec un plancher fixé à 2 261 euros.

Elle sera conditionnée à un projet de reconversion ou de création ou reprise d'entreprise.

Muriel Pénicaud a par ailleurs annoncé le recrutement de plus de 1 000 conseillers Pôle Emploi pour trois ans, afin de proposer de nouveaux services d'accompagnement à partir de janvier 2020, mettant fin à trois années de diminution d'effectifs.

À partir du 1 janvier 2020, tous les demandeurs d'emploi qui le souhaitent auront droit, dans les 4 premières semaines suivant leur inscription à Pôle emploi, à deux demi-journées d'accompagnement intensif.

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