Une experte de l'ONU charge le prince héritier saoudien — Khashoggi

Rassemblement en mémoire de Jamal Khashoggi

L’Onu dit détenir des preuves de l’implication du prince héritier saoudien dans le meurtre de Khashoggi AFP 2019 Yasin Akgul

La Rapporteuse spéciale des Nations unies sur les exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires, Agnès Callamard, a appelé à l'ouverture d'une enquête de l'Onu contre le prince héritier de l'Arabie saoudite Mohamed Ben Salmane, affirmant qu'il existe des "preuves crédibles " le liant au meurtre du journaliste saoudien Jamal Khashoggi, selon le rapport d'enquête de Mme Callamard sur la mort illégale de Khashoggi publié par le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme.

La Turquie a immédiatement "appuyé avec force" les recommandations du rapport de M Callamard pour "élucider le meurtre de Khashoggi et demander des comptes à ceux qui en sont responsables". Un rapport des Nations unies, rendu public ce mercredi, ne laisse aucun doute sur la responsabilité du trublion prince héritier, Mohammed Ben Salmane dans cet odieux meurtre, qui a fini par dévoiler le vrai visage du régime wahhabite et met à nu toutes les amitiés occidentales qui ont aidé à le maintenir. "Compte tenu des preuves crédibles concernant les responsabilités du prince héritier dans son assassinat, de telles sanctions devraient également inclure le prince héritier et ses biens personnels à l'étranger", a-t-elle fait valoir.

Dans une interview accordée à quelques journalistes, Mme Callamard a estimé que "l'arrestation" de ces individus était nécessaire si leur "responsabilité est prouvée".

Selon une rapporteuse spéciale des Nations unies, il existe des "preuves crédibles" pour ouvrir une enquête sur la responsabilité de hauts responsables saoudiens, notamment le prince héritier Mohammed ben Salmane, dans l'assassinat du journaliste Jamal Khashoggi.

Une enquête "vise également, sinon principalement, à identifier les personnes qui, dans le contexte de la perpétration d'une violation, ont abusé des responsabilités de leur poste d'autorité ou ne les ont pas remplies", fait-elle valoir. Mais selon des informations de presse, la CIA estime que l'assassinat a probablement été commandité par le prince héritier, dirigeant de fait du royaume saoudien.

Dans la procédure lancée devant la justice saoudienne, l'accusation a innocenté le prince héritier et inculpé 11 personnes, réclamant la peine de mort contre cinq d'entre elles.

Pour Mme Callamard, Jamal Khashoggi " a été victime d'une exécution extra-judiciaire délibérée et préméditée pour laquelle l'Etat de l'Arabie saoudite est responsable au regard du droit international ". Elle demande également au FBI d'ouvrir une enquête sur le meurtre du journaliste qui était résident américain.

M Callamard, qui a eu accès à un enregistrement audio des services secrets turcs, présente des détails horrifiants sur ce qui se serait passé dans le consulat saoudien à Istanbul, avant l'arrivée du journaliste saoudien puis en sa présence.

Après de multiples déclarations contradictoires, Ryad a reconnu qu'il avait été tué et démembré par des agents saoudiens, mais nie toute implication du prince héritier.

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