Le déremboursement nie la "spécificité" de ces médicaments, juge Boiron — Homéopathie

Consommation de produits homéopathiques et remboursement de ces produits par la sécurité sociale en France

La Haute autorité de santé prône le déremboursement de l'homéopathie, Agnès Buzyn temporise

Le maintien par la Haute autorité de santé (HAS) d'un avis défavorable au remboursement des médicaments homéopathiques "ne tient pas compte de la "spécificité des médicaments homéopathiques", estime vendredi le groupe Boiron, spécialiste de ces produits".

L'avis définitif de la HAS ne doit être rendu public que vendredi par l'organisme.

Via ces documents, "la commission a identifié des données scientifiques pour 24 affections et symptômes traités avec des médicaments homéopathiques tels que troubles de l'anxiété, verrues plantaires, soins de support en oncologie, infections respiratoires aigües chez l'enfant...", explique la HAS. La commission de la transparence de la HAS a mené une solide évaluation concernant près de 1 200 médicaments homéopathiques, décortiqué des dossiers déposés par les laboratoires concernés (Boiron, Rocal-Lehning et Weleda) et analysé de nombreuses publications scientifiques.

Cet avis est sans ambiguïté: les produits homéopathiques "n'ont pas démontré scientifiquement une efficacité suffisante pour justifier d'un remboursement". Je rappelle que pour les médicaments anti-Alzheimer (déremboursés en août 2018, NDLR), la décision a été prise pratiquement un an après l'avis " de la HAS, avait souligné la ministre.

Après avoir échoué à convaincre les autorités réglementaires, Boiron va donc maintenant poursuivre son combat sur le plan politique, en faisant jouer l'argument de l'emploi. Dans son communiqué, le groupe pharmaceutique affirme que 60 % de l'activité du groupe " seraient impactées directement par une modification du taux de remboursement des médicaments homéopathiques ". De même, Boiron brandit le risque d'un gros impact social d'un déremboursement, affirmant que le déremboursement de l'homéopathie menacerait 1 300 emplois sur ses 2 500 en France. Comment, alors qu'il ne reste plus le moindre atome de l'ingrédient d'origine dans la plupart des remèdes homéopathiques, cela peut-il fonctionner?

Gérard Collomb s'est engagé auprès d'eux "à saisir la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, pour qu'aucune décision ne soit prise sans étude complémentaire de santé publique permettant aux parties en présence de faire valoir leurs arguments". Ce qui pourrait ne plus être le cas si un déremboursement complet était décidé. Certains médicaments sont remboursés à 30 % par la Sécurité sociale à la faveur d'un régime dérogatoire, leur efficacité n'ayant pas été évaluée scientifiquement jusqu'à présent. Mais le vrai coup de boutoir est venu d'une pétition publiée en mars dans le Figaro par un groupe de 124 médecins, souhaitant dénoncer les " fake " médecines, dans lesquelles ils rangeaient l'homéopathie. "Car cette médecine est utilisée par de nombreux Français (plus de la moitié des Français, 58 %, déclare avoir déjà eu recours à ces médicaments) et intervient en complémentarité d'autres traitements allopathiques", a précisé la ville de Lyon.

Dernières nouvelles