L'UE appelle à la retenue et au dialogue — Hong Kong

Des manifestants scandent des slogans plusieurs avec un drapeau chinois à la main

Hong Kong: La police s'attaque aux manifestants pro-démocratie à coups de bâton

La police anti-émeute de Hong Kong a repris dans la nuit de lundi à mardi le contrôle du parlement local qui avait été envahi par les manifestants, a constaté un journaliste de l'AFP à l'intérieur du bâtiment.

Combien étaient-ils? Un demi-million selon des sources locales, après les deux millions d'habitants descendus dans la rue il y a quinze jours.

Des dizaines de milliers de manifestants ont marché dans le centre-ville de Hong Kong, lundi 1er juillet 2019.

Peu avant la traditionnelle cérémonie de lever des drapeaux chinois et hongkongais qui marque l'anniversaire de la rétrocession du 1er juillet 1997, des contestataires avaient aussi été chargés par les policiers. De petits groupes de contestataires, majoritairement jeunes et masqués, se sont emparés de trois grandes artères du cœur de Hong Kong et ont entravé la circulation avec des barrières de plastique et de métal. Les libertés de notre ville se rétrécissent. Les forces de l'ordre se trouvant à l'intérieur, qui avaient auparavant fait usage de gaz poivre pour les repousser, se sont apparemment repliés à l'intérieur du bâtiment. Une manifestante saignait d'une blessure à la tête. Ailleurs, des protestataires lançaient des œufs sur les policiers.

La protestation protéiforme en cours, où les manifestants se donnent des mots d'ordre par messagerie sécurisée, est caractérisée par une improvisation sans doute difficile à appréhender par les autorités.

Début juin, deux millions de personnes avaient demandé le retrait de ce texte vu comme mettant en péril le principe "un pays, deux systèmes", qui garantit depuis la rétrocession une certaine autonomie de Hong Kong vis-à-vis de Pékin. Mais les Hongkongais s'inquiètent d'une érosion de leurs libertés par Pékin.

Les manifestations entamées le mois dernier répondaient initialement à un projet de loi du gouvernement de Hong Kong visant à autoriser les extraditions en Chine continentale.

A chaque anniversaire du retour de Hong Kong dans le giron chinois, les démocrates organisent une manifestation pour mettre en avant leurs exigences, dont l'élection du chef de l'exécutif au suffrage universel.

Ces mesures de contrôle des foules, contre des manifestations qui avaient été en grande partie pacifiques, ont rapidement retourné le public contre la police, tout en laissant la Chine continentale en dehors de la mêlée. Les manifestants exigent ainsi la démission de la cheffe du gouvernement Carrie Lam ainsi que la fin des poursuites contre les protestataires arrêtés ces dernières semaines. Mme Lam, qui bat des records d'impopularité, fait profil bas depuis qu'elle a dû suspendre son texte. " Ce qui s'est passé ces derniers mois a provoqué des conflits et des disputes entre le gouvernement et les habitants", a-t-elle reconnu.

Les manifestants sont pour la plupart des jeunes, ils ont le visage masqué, portent des casques et sont munis de parapluies pour se protéger d'éventuels tirs de balles de caoutchouc et de gaz lacrymogène. "La résistance, ce n'est pas la question d'un jour, c'est le long terme".

Parallèlement, des manifestants pro-Pékin doivent se rassembler au même lieu de départ, faisant craindre une confrontation. Dimanche, des dizaines de milliers de partisans du gouvernement avaient manifesté pour soutenir la police, illustration des profonds clivages qui traversent la société hongkongaise.

Dernières nouvelles