Manifestation écologiste évacuée à Paris: le parquet ouvre une enquête

Vendredi des membres du collectif Extinction Rebellion ont tenté de bloquer le pont de Sully dans le 5e arrondissement de Paris. Ils ont été délogés par les CRS

VIDEO. Les images de l’évacuation violente de militants pacifistes pour le climat à Paris suscitent…

Christophe Castaner a demandé des comptes à la préfecture de Paris suite à l'évacuation musclée, vendredi à Paris, d'un rassemblement écologiste au cours de laquelle des militants ont été aspergés de gaz lacrymogène, quasiment à bout portant. Sous un soleil de plomb, des centaines de manifestants ont tenu un sit-in sur le pont Sully, dans le Ve arrondissement de la capitale, peu avant midi, jusqu'à l'arrivée des CRS.

Le parquet de Paris a annoncé avoir ouvert lundi une enquête confiée à l'IGPN, la "police des polices" après l'intervention controversée vendredi des forces de l'ordre, sur le pont de Sully à Paris, pour déloger des militants écologistes qui participaient pacifiquement à un sit-in. "À la demande du ministre, une inspection technique CRS a été déclenchée et un rapport a été demandé au préfet de police sur les modalités de gestion de cette opération de maintien de l'ordre rendue nécessaire pour rétablir la circulation au coeur de Paris", a déclaré la place Beauvau. " On était sur un lieu non déclaré, c'est le principe de la désobéissance civile ", explique l'une des militantes à l'AFP. "Comme ensuite ces bloqueurs revenaient, ils ont opté pour leur stratégie du gazage à 20 cm du visage", a-t-elle ajouté. "C'est un scandale absolu que, dans une démocratie, ces gens soient traités de la sorte alors qu'ils viennent simplement alerter et chercher à dire au gouvernement: "Faites davantage" en faveur de l'environnement et du climat, a encore jugé le premier secrétaire du PS Olivier Faure. Le réalisateur et militant écologiste Cyril Dion a indiqué samedi qu'il refusait sa promotion dans l'ordre du Mérite, en raison de ces "violences". "La disproportion de la réponse policière est folle", a-t-il déclaré à l'AFP. D'autres personnalités ont également fustigé la violence de ces images, comme Greta Thunberg, Guillaume Canet ou Marion Cotillard qui ont tous partagé les images sur Instagram, interpellant au passage le gouvernement.

"Quand j'ai vu ça, je me suis posé des questions et j'ai regardé la vidéo dans son entier", a indiqué le ministre de l'Écologie, François de Rugy, interrogé sur cet épisode dimanche sur BFMTV.

"Au début les CRS appellent les manifestants à débloquer (.) Ce sont des manifestants très radicaux".

Sommée de se disperser, la foule n'a pas bougé d'un pouce; les forces de l'ordre ont alors décidé d'employer la manière forte, en utilisant des gaz lacrymogènes face aux militants qui criaient "non violent, non violent", ou encore "policiers, doucement, on fait ça pour vos enfants".

Dernières nouvelles