Pourquoi l'accord commercial UE-Mercosur fait polémique

Principaux chiffres pour l'Union européenne et le Mercosur

Principaux chiffres pour l'Union européenne et le Mercosur

Il englobe plus de 770 millions de consommateurs et 18.000 milliards d'euros de PIB.

L'UE et le Mercosur échangent annuellement 88 milliards d'euros de biens, avec une balance très légèrement favorable aux Européens (+2,5 milliards d'euros).

Dans l'agriculture, ces taxes douanières restent importantes dans les spiritueux (jusqu'à 35%), les produits laitiers (28%), le vin (27%) ou le chocolat (20%).

" L'accord est un tournant historique dans la relation entre le Mercosur et l'Union européenne " et sa conclusion " souligne l'engagement des deux blocs, à une époque de tensions et d'incertitudes dans le commerce international, en faveur de l'ouverture économique et du renforcement des conditions de concurrence", indique un communiqué conjoint des ministères brésiliens des Affaires étrangères et de l'Economie.

L'UE compte également sur l'accord pour mieux accéder au marché sud-américain des services (télécommunications, transports ou services financiers).

C'est un accord commercial dont les négociations ont commencé il y a vingt ans.

Ces concessions sont limitées, mais elles viennent s'ajouter à d'autres quotas tout juste offerts au Canada et au Japon, avec qui l'UE vient aussi de conclure deux accords commerciaux majeurs, ce qui fait bondir les agriculteurs européens.

Le Mercosur va notamment pouvoir exporter vers l'Europe quelque 99 000 tonnes de viande bovine au taux préférentiel d'imposition de 7,5%, fragilisant un peu plus les éleveurs européens, lourdement dépendants des subventions de Bruxelles et qui craignent la concurrence des "usines à viande" latino-américaines.

Le compromis comporte "certains défis pour les agriculteurs européens et la Commission européenne sera à leur disposition pour les aider", a concédé le commissaire à l'Agriculture Phil Hogan, jugeant cependant l'accord "équilibré".

A l'instar de tous les accords récemment signés par l'UE, celui-ci inclut un chapitre sur le développement durable.

L'UE et le Mercosur s'engagent aussi " à mettre en oeuvre efficacement l'accord de Paris sur le climat ".

Ce dernier mène une politique favorable à l'agrobusiness, un poids lourd de l'économie de son pays, mais qui, d'après ces ONG, ronge la forêt amazonienne.

Dans ce contexte tendu, l'approbation du compromis par les 28 Etats membres, puis le Parlement européen, désormais nécessaire pour que le texte entre en vigueur, semble plus incertaine que jamais.

" C'est l'accord de la honte car on nous le vend comme étant favorable à l'industrie sauf qu'on oublie de nous dire que cet accord va ruiner, tuer définitivement notre agriculture ", a dénoncé le député RN sur Public Sénat". Si tel est le cas, le texte devra alors être validé par un vote en plénière du Parlement européen.

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