Le baril de pétrole dépasse les 60 dollars

Le maintien du niveau des prix dépend de l’engagement des pays à respecter leurs quotas

Le maintien du niveau des prix dépend de l’engagement des pays à respecter leurs quotas

Destinée à soutenir les cours du brut, la prolongation des réductions de production a été annoncée par le président russe Vladimir Poutine vendredi en marge du G20 d'Osaka, avant des réunions de l'Opep qui débutent lundi à Vienne.

Mais l'influence accrue de la Russie, deuxième producteur mondial, et de l'Arabie saoudite, chef de file du cartel, qui se sont alliées il y a trois ans pour enrayer l'effondrement des cours, contrarie certains producteurs. "Le principal danger auquel est confrontée l'Opep maintenant est l'unilatéralisation", a lancé le ministre, assurant que "l'Opep va mourir avec un tel processus" de décision piloté en solo par son rival régional saoudien.

"Je ne suis pas d'accord avec l'idée que l'Opep se meurt!", a toutefois protesté la ministre des Ressources pétrolières du Nigéria, Folasade Yemi-Esan, pour qui l'Opep reste "une coopération d'Etats souverains".

Autre membre éminent de l'Opep, l'Iran, dont la rivalité avec l'Arabie saoudite avait agité la dernière réunion de décembre, pourrait se faire plus discret.

Si le représentant iranien a dit qu'il ne s'opposerait pas au renouvellement des baisses de production de pétrole, pour six ou neuf mois, il a en revanche exclu de souscrire à un projet de pacte gravant dans le marbre sur le long terme le partenariat entre les pays membres de l'Opep et leurs alliés menés par la Russie. Le budget saoudien nécessiterait un cours du baril d'environ 85 dollars, tandis que Moscou se dit heureux du niveau actuel du Brent à 60-65 dollars.

Le ministre de l'Energie, Mohamed Arkab s'est entretenu dimanche soir à Vienne (Autriche), avec ses homologues saoudien Khalid Al Falih, et vénézuélien Manuel Salvador Quevedo Fernandez, a indiqué lundi le ministère de l'Energie dans un communiqué.

Frappée de plein fouet par le retour des sanctions américaines, la production de pétrole de l'Iran est exemptée des limitations de production, tout comme celle du Venezuela et de la Libye, deux pays producteurs en pleine crise politique.

De plus, les risques géopolitiques semblent largement contrebalancés par une demande énergétique morose, sur fond de guerre commerciale sino-américaine et de ralentissement de la croissance économique mondiale.

Face à cette demande affaiblie, l'offre de brut reste abondante. Inquiète, l'Arabie saoudite a réduit son offre bien au-delà des baisses de production imposées dans l'accord, pompant en mai 9,70 millions mbj, très en-dessous des 10,31 mbj convenus.

La stratégie de l'Opep+ s'est jusqu'ici révélée payante, puisque le prix du baril de Brent a pris environ 22% depuis janvier et continue d'évoluer dans une fourchette de prix comprise entre 60 et 70 dollars (entre 53 et 62 euros).

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