Le pétrole plonge malgré l'accord entre l'Opep et ses alliés

Pourquoi les prix du pétrole ne devraient pas chuter dans les prochains mois

Pétrole: l'Iran dénonce l'unilatéralisme de l'entente entre Riyad et Moscou

Réunis à Vienne, les 14 membres de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et leurs dix partenaires, dont la Russie, ont approuvé une "charte de coopération" pérennisant leurs relations.

Essoufflement économique L'extension de l'engagement de l'Opep+ jusqu'en mars 2020 intervient alors que les prix restent sous forte pression, entre une offre abondante alimentée par le boom du pétrole de schiste américain -dont l'équation technique et économique apparaît toujours insolvable- et une consommation mondiale en berne sur fond d'essoufflement économique.

"L'Iran s'est également dit opposé à ce stade à tout accord de coopération à long terme visant à pérenniser le partenariat entre l'Opep et ses alliés, regroupés sous l'appellation Opep".

Ces 24 pays, qui pompent la moitié du pétrole du globe, avaient décidé en décembre d'abaisser leur offre cumulée de 1,2 million de barils par jour (mbj) pour soutenir les cours, qui restent contenus malgré la recrudescence des tensions géopolitiques au Moyen-Orient.

Destinée à soutenir les cours du brut, la prolongation de cet effort sur les niveaux de production avait déjà été annoncée le 30 juin par le président russe Vladimir Poutine, en marge du G20 d'Osaka, levant une grande partie du suspense sur l'issue des réunions prévues jusqu'à mardi dans la capitale autrichienne. Les pays producteurs d'or noir vont en effet renouveler en ce début de semaine leur stratégie consistant à limiter la production de brut.

Une vision pragmatique: sans la Russie et les nouveaux alliés, "les Saoudiens auraient perdu la main, et l'Opep aurait échoué à faire face au boom de la production américaine, obligeant les membres du cartel à des coupes encore plus drastiques" pour maintenir les prix, observe M. Hall. Il est monté vers 3 h 35 jusqu'à 60,28 dollars, son plus haut niveau depuis la fin mai. Chef de file du groupe et premier exportateur mondial, l'Arabie saoudite pompait 9,70 millions de barils par jour (mbj) en mai, soit pratiquement un tiers de l'offre totale de l'Opep (29,95 mbj) selon l'Agence internationale de l'Energie (AIE).

L'ouverture de l'Opep ne se fait pas sans difficulté: elle a donné lieu à Vienne à des discussions "houleuses", de l'aveu même du ministre saoudien.

A son arrivée à Vienne le 1er juillet, le ministre iranien du Pétrole Bijan Namdar Zanganeh a dénoncé le caractère selon lui unilatéral de l'entente entre Moscou et Riyad, annoncée en amont des réunions de Vienne.

L'Iran, qui pilotait traditionnellement le cartel de concert avec Ryad, son grand rival régional, se voit désormais isolé du fait de la chute de ses exportations liée aux sanctions américaines.

Khaled al-Faleh a néanmoins vigoureusement défendu l'accord bilatéral d'Osaka: "Saoudiens et Russes assurent les plus grosses réductions de production! Nous nous entendons d'abord, cela contribue au consensus ultérieur" de tous les Etats membres, a-t-il martelé.

" La trêve commerciale entre les États-Unis et la Chine fait également monter les prix du pétrole ce matin", a ajouté Bjarne Schieldrop, analyste pour SEB. "L'Opep était devenue beaucoup trop petite, mais l'Opep+ et ses 24 membres, eux, pèsent suffisamment pour influencer le marché pétrolier mondial".

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