Le sommet sur les postes-clés dans l'impasse — Union européenne

Angela Merkel et ses homologues sont à table pour un dîner décisif

Angela Merkel et ses homologues sont à table pour un dîner décisif. MAXPPP

Des consultations se poursuivent toujours ce matin. Il a accepté de soutenir la nomination du candidat de la famille sociale-démocrate, le Néerlandais Frans Timmermans, à condition d'obtenir les présidences du Parlement européen et du Conseil.

" Je pense que tous les collègues comprennent que l'Europe centrale et orientale doit aussi avoir un représentant très fort, mais nous verrons bien", a-t-il déclaré, avant d'ajouter que tous les dirigeants étaient d'accord pour trouver une solution lors de la réunion de demain".

À l'issue de la rencontre entre chef d'État et de gouvernement, le président français Emmanuel Macron a déploré l'échec des négociations, estimant que ce blocage donnait " une image pas sérieuse de l'Europe ".

Les discussions ont repris à 28 peu après 08H00 (06H00 GMT) mais " les positions n'ont pas beaucoup changé au cours de la nuit", a confié une source du gouvernement espagnol. Son candidat, Manfred Weber, avait été recalé lors du dernier sommet le 20 juin par un groupe de dirigeants menés par le Français Emmanuel Macron et a été privé des soutiens des groupes socialiste et centriste au Parlement. Selon cette règle, la présidence de la Commission européenne devrait échoir automatiquement à la tête de la liste capable de rassembler une majorité au Parlement européen.

La situation n'est pas pire qu'en 2014, où il avait fallu trois sommets pour attribuer la présidence de la Commission à Jean-Claude Juncker (PPE) et celle du Parlement à Martin Schulz, chef de file des sociaux-démocrates.

La présidence du Conseil européen s'affirme également comme un épineux débat. A 21 heures, le dîner officiel du sommet n'avait même pas commencé tant les consultations informelles se multipliaient.Après 23 heures, le Conseil était même suspendu pour une nouvelle salve de tête à tête entre Donald Tusk, son président, et l'ensemble des Vingt-huit.

D'autres pays -Irlande, Lettonie, Croatie, selon une source européenne- ont rejeté cette combinaison conclue sans eux, signe que ces arrangements entre amis, fût-ce par le couple franco-allemand, ne suffisent plus pour emporter l'adhésion.

La plupart des dirigeants "peuvent vivre" avec l'accord Timmermans-Weber et les discussions portent sur les autres postes, a indiqué à l'AFP un négociateur aux premières heures de la journée de lundi.

La position française n'est pas pour autant exempte de calcul intéressé: la France lorgne aussi sur le présidence de la Banque centrale européenne dont elle aimerait tendre les rênes à Sylvie Goulard, éphémère ministre des Armées et sous-gouverneure de la Banque de France, ou à Danièle Nouy, présidente du conseil de supervision de la Banque centrale européenne.

Toutefois, pour le poste principal, celui de président de la Commission européenne, un nom semble se détacher. Après deux ans et demi, M. Weber pourrait laisser la place à un libéral, éventuellement l'ex-Premier ministre belge Guy Verhofstadt, selon les mêmes sources.

Un nouveau sommet pourrait être nécessaire pour boucler un accord.

Ce principe doit malgré tout être retenu, a pourtant martelé l'Italien Antonio Tajani, le président du Parlement européen, lors d'une conférence de presse dans la nuit du dimanche au lundi.

Si le Néerlandais échoue, plusieurs responsables européens ont prévenu que la candidate libérale pour la présidence de la Commission, Margrethe Vestager, n'obtiendrait pas les soutiens du PPE ni ceux des sociaux-démocrates.

Il s'agit du troisième sommet consacré aux partages des postes clés de l'UE, depuis les élections européennes fin mai. Alors que les dirigeants européens veulent " tout faire pour ne pas répéter le syndrome Barroso ", comme le résume un diplomate, Frans Timmermans a le mérite de ne pas être un candidat de repli: c'est un responsable politique charismatique.

Dernières nouvelles