Au moins un chômeur indemnisé sur cinq sera pénalisé — Assurance-chômage

Muriel Pénicaud la ministre

Muriel Pénicaud la ministre

Ce jeudi 4 juillet 2019, Camille Vigogne Le Coat, dans sa chronique "Les indispensables", nous détaille document de travail de l'Unedic sur réforme de l'assurance chômage que RTL s'est procuré.

Aujourd'hui, l'allocation chômage est basée sur le salaire journalier de référence (SJR).

Pour les " droits rechargeables ", il faudra avoir travaillé 6 mois (contre 1 à l'heure actuelle) pendant sa période de chômage pour voir son indemnisation prolongée d'autant.

Selon l'analyse de l'Unédic, environ la moitié des entrants dans le régime, soit 1,2 million de personnes, n'ont pas travaillé à temps plein dans l'année précédant l'ouverture du droit. D'abord, "moins de demandeurs d'emploi ouvriront un droit".

A partir d'avril 2020, le SJR - qui détermine le montant de l'indemnité - ne sera plus calculé en divisant les revenus par les seuls jours travaillés au sein de la période d'affiliation, mais par le nombre total de jours travaillés et chômés entre le premier et le dernier contrat.

Pour un allocataire ayant travaillé de manière continue, ce futur mode de calcul ne change rien. "Bien que le calcul soit complexe, car suppose d'anticiper les comportements des chômeurs face aux nouvelles règles d'indemnisation, l'Unédic estime " de l'ordre de 500 000 personnes " les personnes " impactées par une ouverture de droit retardée ou annulée ". L'atteinte sera diverse: certains chômeurs ne seront plus indemnisés, d'autres seront indemnisés à un niveau plus bas, et d'autres le seront moins longtemps par rapport au système actuel.

Selon l'organisme, des transferts sont à attendre vers d'autres prestations sociales comme la prime d'activité, le RSA (revenu de solidarité active) ou encore les aides au logement, et la baisse du montant de l'allocation entraînera une diminution du financement des points de retraite complémentaire.

Subtilité supplémentaire: l'Unédic note que la durée d'indemnisation des allocataires enchaînant les contrats courts sera plus longue, du moins tant que les règles de cumul entre chômage et emploi restent les mêmes. Dans le document confidentiel, l'Unédic met également en avant les économies engendrées par une telle réforme: 2,8 des 3,75 milliards d'économies attendues d'ici à 2021. En outre, il faudra avoir travaillé six mois sur les 24 derniers mois (au lieu de quatre mois sur les 28) pour avoir droit à une indemnisation.

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