Sea-Watch. La capitaine du navire humanitaire va porter plainte contre Salvini

Carola Rackete était poursuivie pour avoir débarqué de force des migrants

Carola Rackete était poursuivie pour avoir débarqué de force des migrants. MAXPPP

Le ministre de l'intérieur Italien, Matteo Salvini a réagi de manière virulente " Nous ferons usage de tous les moyens démocratiquement permis pour bloquer cette insulte au droit et aux lois ".

Aux commandes du Sea-Watch, un navire de l'ONG allemande éponyme, Carola Rackete a été arrêtée après avoir accosté de force la semaine dernière sur l'île italienne de Lampedusa pour débarquer 40 migrants secourus en mer et bloqués à bord pendant plus de deux semaines.

Désormais libre de ses mouvements, l'Allemande de 31 ans a exprimé son soulagement et évoqué "une grande victoire pour la solidarité (...) et contre la criminalisation de ceux qui aident", à travers un communiqué de l'ONG Sea-Watch.

Pendant toute la durée de la crise, Matteo Salvini a multiplié les déclarations et les tweets furieux à son égard, la décrivant comme une " emmerdeuse ", une " criminelle ", une " pauvre femme qui a seulement essayé de tuer cinq militaires italiens "...

Carola Rackete a montré au monde entier qu'elle était prête à tout pour sauver des vies humaines samedi dernier en entrant de manière illégale dans le port de Lampedusa. Mais la décision devra obtenir au préalable le feu vert de la justice.

La juge Alessandra Vella a finalement invalidé son arrestation.

La justice italienne l'a libérée mardi soir, arguant qu'elle effectuait une opération de sauvetage en mer et que dès lors un décret-loi lui interdisant l'entrée dans les eaux italiennes n'était pas applicable. À bord de son navire, 42 migrants à bout de forces récupérés au large des côtes libyennes. Au total, 13 des migrants secourus par le Sea-Watch avaient bénéficié d'une évacuation sanitaire. Carola Rackete fait en effet aussi l'objet d'une enquête pour aide à l'immigration clandestine, traitée à part, pour laquelle elle risque une expulsion. Mais cela n'a rien entamé de la détermination des humanitaires qui défient menaces d'emprisonnement et refus des autorités de laisser amarrer les navires des ONG, avec à leur bord des dizaines de migrants sauvés d'une mort certaine en Méditerranée.

En attendant, deux navires humanitaires, l'Open Arms et l'Alan Kurdi, étaient actuellement en mer. On trouvera un juge, il y en aura bien un en Italie, qui aura finalement le courage de dire (...): "ces gens ne sont pas des sauveteurs, ce sont des complices, des assassins potentiels, des criminels, et dans un pays normal les criminels vont en prison", a-t-il tonné.

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