Un nouveau navire d’aide aux migrants accoste de force à Lampedusa — Italie

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Et après deux jours passés en mer à bord du navire de 18 mètres, personne n'a été autorisé à poser un pied sur le sol italien. "Vont-ils rester impunis eux aussi?"

Le gouvernement de Malte a annoncé dimanche que ses forces armées allaient acheminer dans un port maltais les 65 migrants se trouvant à bord d'un navire d'une ONG allemande, l'Alan Kurdi, qui seront toutefois immédiatement acheminés vers différents pays européens.

Pendant ce temps, un autre navire d'une ONG, l'Alan Kurdi - exploité par l'organisation caritative allemande " Sea-Eye", est à flot dans les eaux internationales juste à la sortie de Lampedusa, transportant 65 autres personnes. "Nous attendons dans les eaux internationales au large de Lampedusa", a tweeté l'ONG.

Un décret-loi adopté en juin prévoit des amendes jusqu'à 50 000 euros contre le capitaine, le propriétaire et l'armateur d'un navire qui entrerait sans autorisation dans les eaux italiennes. Selon Sea-Eye, les 64 hommes et une femme ont été secourus à bord d'un canot surchargé sans provisions d'eau suffisantes, ni téléphone satellitaire ou instrument d'aide à la navigation. La fermeture des ports est approuvée par 59% des Italiens, selon un sondage samedi du quotidien Corriere della Sera.

Pour le cas de l'Alex, Salvini, qui accuse les ONG d'aider les passeurs, avait conclu avec Malte un accord pour faire débarquer les migrants en échange du transfert vers l'Italie d'un nombre équivalent de migrants accueillis précédemment à Malte. Le navire Alex de l'ONG Mediterranea, qui a lui aussi 41 migrants à son bord, avait décliné une offre d'accueil émise par Malte au motif que ce long trajet serait trop dangereux pour les passagers. L'association rappelle d'autre part que l'Allemagne est prête à accueillir certains migrants "dans le cadre d'une solution européenne de solidarité".

Avant l'accostage de l'Alex, des photographies montraient les dizaines de migrants attendant sur le pont du voilier et tentant de se protéger du soleil sous des couvertures de survie. "Ceci est une situation surréaliste et prolonger l'attente est une cruauté inutile", a tweeté Mediterranea, qui a alerté sur des "conditions d'hygiène intolérables à bord".

Les capitaines qui veulent sauver les vies des migrants en Méditerranée n'ont pas dit leur dernier mot.

M. Salvini a réitéré samedi à Milan son appel à réformer le règlement de Dublin qui confie l'examen de la demande d'asile au pays d'entrée dans l'Union européenne, estimant qu'il fait peser un fardeau injuste sur l'Italie car "il ne semble pas que la majorité des pays européens veuillent agir comme cela".

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