Le parti d'opposition "ND" largement en tête devant "Syriza" — Législatives en Grèce

Le Premier ministre Alexis Tsipras salue ses partisans le 5 juillet 2019 à Athènes.                  REUTERS  Alkis Konstantinidis

Le Premier ministre Alexis Tsipras salue ses partisans le 5 juillet 2019 à Athènes. REUTERS Alkis Konstantinidis

Selon une compilation de sondages réalisés pour les principales chaînes de télévision grecques, Kyriakos Mitsotakis, 51 ans, sera le futur Premier ministre de la Grèce post-crise, sa formation Nouvelle Démocratie (ND) ayant recueilli 40% des suffrages contre 28,5% pour Alexis Tsipras.

Surgissant dans une Grèce en plein chaos, terrassée par la crise de la dette et la cure d'austérité imposée par ses créanciers, l'Union européenne et le Fonds monétaire international (FMI), le jeune leader de gauche radicale Alexis Tsipras avait créé l'espoir, en janvier 2015, chez un peuple abasourdi par les faillites et les plans sociaux. Après plus de quatre ans de gouvernance du plus jeune Premier ministre grec en 150 ans, les électeurs ne lui pardonnent, selon les analystes, ni ses promesses non tenues ni ses ponctions fiscales draconiennes dictées par l'UE pour écarter le "Grexit".

" L'un des grands efforts et l'une des réalisations dont je suis fier de la Commission européenne que j'ai eu l'honneur de présider a été d'aider la Grèce à tourner la page de la crise et à se créer un avenir".

On peut y voir les métamorphoses d'Alexis Tsipras.

" J'espère qu'à partir de demain nous pourrons à nouveau respirer", a déclaré Athinodoros, un électeur de 48 ans, dans un bureau de vote de Nea Smyrni. Ingénieur de formation, Alexis Tsipras est né dans une famille de gauche de la banlieue d'Athènes en 1974, à la fin de la dictature des colonels qui a persécuté la gauche pendant sept ans.

"Un cercle douloureux se referme aujourd'hui", a-t-il réagi après l'annonce de son éclatante victoire aux législatives. Malgré les moeurs conservateurs du pays et la dominance de l'Eglise orthodoxe, son gouvernement a instauré le pacte civil pour les couples de même sexe et permis aux personnes transgenre de déterminer leur sexe. Mais cette fois, face aux partis traditionnels, Tsipras a perdu son pari.

L'élection de ce fils de Premier ministre, descendant d'une dynastie politique, signera le retour de la " familiocratie " au gouvernement grec, une tradition que Tsipras avait interrompue en accédant au pouvoir à l'âge de 40 ans.

En Grèce, son patronyme est loin d'être inconnu: son père Konstantinos Mitsotakis a été Premier ministre conservateur de 1990 et 1993, sa soeur Dora Bakoyannis, née Mitsotakis, a été ministre des Affaires étrangères et maire d'Athènes. Et le nouveau maire de la capitale grecque, élu début juin, Costas Bakoyannis, n'est autre que son neveu.

Le chef du gouvernement sortant a reconnu "la nette victoire" de son rival, après l'avoir félicité, promettant d'être "actif dans les rangs de l'opposition" et de se "relever".

"Trois ans après avoir pris les rênes du parti conservateur, Kyriakos Mitsotakis, perçu comme un réformateur, proche des milieux d'affaires, a promis de " relancer l'économie " et de " laisser la crise derrière nous ". Un portefeuille qui lui a permis de se façonner une image d'homme de poigne.

Le Premier ministre sortant Alexis Tsipras l'a accusé de vouloir lâcher un "Armageddon" sur les travailleurs. "Quand Mitsotakis parle de réformes, il faut comprendre qu'il y aura un coût humain". Dans une opération séduction de la dernière chance, vendredi soir, Alexis Tsipras avait agité le risque de retour "aux heures sombres de l'austérité". A gauche, Kyriakos Mitsotakis est vu comme celui qui a changé son parti en un mélange nationaliste et néolibéral. A son arrivée, il a ainsi nommé comme vice-président Adonis Georgiadis.

Dernières nouvelles