Compression de personnel sans précédent chez Deutsche Bank — Allemagne

Christian Sewing CEO de la Deutsche Bank

Alex Kraus Bloomberg via Getty Images

Lundi 08 Juillet 2019 (Provence Informations Economiques) - " Réorganisée " au cours de la semaine dernière, alors que la banque allemande pourtant si proche des experts bancaires de la BCE, la Deutsche Bank, a finalement annoncé ce dimanche qu'elle lançait un plan de restructuration de 7,4 milliards d'euros et qu'elle va supprimer 18 000 emplois à l'issue d'une réunion du conseil de surveillance.

Il a parlé "du plus grand plan de transformation depuis des décennies" pour l'établissement. Elle prévoit de ramener ses charges d'exploitation à 17 milliards d'euros par an d'ici 2022, avec un coefficient d'exploitation de 70%.

Une restructuration de grande ampleur était attendue depuis que Christian Sewing avait promis en mai aux actionnaires des "réductions drastiques" dans la banque d'investissement, une activité qui a longtemps fait figure de priorité stratégique pour Deutsche Bank mais qui est devenue un fardeau à la suite de la crise financière de 2007-2009.

Deutsche Bank a conclu un accord préliminaire avec BNP Paribas pour assurer une continuité de service auprès de ses clients sur les marchés actions.

Pour l'ensemble de l'année, Deutsche Bank devrait du coup, selon toute probabilité, à nouveau plonger dans le rouge après avoir dégagé un faible bénéfice en 2018, qui faisait suite à trois années consécutives de perte. Quand il a commencé sa quête de domination mondiale dans les années 1990, il détenait des participations importantes dans une longue liste de sociétés nationales qui lui conféraient une influence sans précédent dans leurs conseils d'administration.

En tout, l'encours pondéré des risques lié à ces métiers sera réduit d'environ 40 %. Or, l'objectif de revenus pour 2022 correspond à une croissance annuelle moyenne de 2,3%. La direction ne s'attend à un rendement des fonds propres tangibles que de 8% d'ici 2022 (par rapport à l'objectif initial de 10% déjà l'année prochaine). Prenant en compte l'impact des restructurations, Berenberg évalue le ratio à 12,7% en pro forma, à comparer avec un niveau réglementaire minimal de 11,8%.

Regarnir la choucroute pour conserver la même assiette dans quatre ans n'est pas une recette facile quand un bon cinquième du levier dans la cocotte bilantielle va disparaître avec les rogatons des actifs les plus rassis.

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RBC, JPMorgan et Berenberg estiment que ce plan de restructuration est "plus radical" que les précédents et soulignent que le groupe abandonne ses activités de banque d'investissement pour se concentrer à nouveau sur la clientèle professionnelle tout en conservant une activité sur le secteur obligataire. Toutefois, le lecteur reste seul responsable de leur interprétation et de l'utilisation des informations mises à sa disposition.

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