Des dizaines de milliers de personnes ont manifesté dimanche à Hongkong

La nouvelle gare de West Kowloon était quasiment bouclée par la police et entouré de lourdes barrières de sécurité en plastique remplies d'eau

La police charge les manifestants à Hong Kong

Les organisateurs ont évalué la foule à 230 000 personnes, tandis que la police fait plutôt état de 56 000 manifestants.

C'est le premier acte de contestation important depuis la prise d'assaut et le saccage le 1er juillet du Parlement. C'est à l'occasion de la manifestation qui s'est tenue le 7 juillet à Tsim Sha Tsui que certains ont pu exploiter la fonctionnalité d'Apple à leur avantage.

En fin de soirée, la police anti-émeutes a chargé des protestataires dans le quartier de Mongkok dans le nord de la ville, après un face-à-face tendu entre elle et un groupe d'environ 300 manifestants.

Des affrontements ont éclaté dimanche alors que la police dispersait certains militants après qu'ils aient bloqué des routes à la suite de la manifestation largement pacifique contre le projet de loi qui a plongé l'ancienne colonie britannique dans la tourmente politique.

En Chine, les informations sont lourdement censurées par la "grande muraille informatique".

Le projet a été suspendu mais cela n'a pas suffi à apaiser la colère, qui s'est transformée un mouvement plus vaste contre le pouvoir local.

"On veut montrer aux touristes, y compris ceux du continent chinois, ce qu'il se passe à Hong Kong et nous espérons qu'ils pourront rapporter ce concept en Chine", a déclaré à l'AFP Eddison Ng, 18 ans. "Parce que le gouvernement ne nous a pas écoutés".

Les censeurs chinois ont travaillé dur pour gommer ou bloquer les nouvelles des manifestations les plus violentes et les plus violentes de Hong Kong au cours des dernières décennies, craignant d'inspirer des manifestations sur le continent.

La dirigeante de l'exécutif pro-Pékin de Hong Kong a annoncé mardi "la mort" d'un projet de loi largement décrié sur les extraditions vers la Chine mais ses assurances ont été rejetées aussitôt par les contestataires qui ont promis de nouvelles manifestations.

Beijing a mis tout son poids dans la balance pour soutenir les autorités, réclamant une enquête pénale contre les personnes impliquées dans les violences.

Durant le weekend, l'ambassadeur de Chine à Londres a déclaré que le texte sur les extraditions était nécessaire pour "combler un vide" juridique, alimentant les craintes que Pékin puisse vouloir le faire passer en force. Les protestataires doivent gagner la nouvelle gare de West Kowloon, ouverte en septembre pour connecter Hong Kong avec le réseau ferroviaire à grande vitesse chinois.

De lourdes barrières de sécurité en plastique remplies d'eau avaient été installées autour de la gare. Seuls les passagers déjà munis de billets ont été autorisés à entrer dans le complexe et la vente de nouveaux billets a été suspendue. La gare, qui a coûté plusieurs milliards d'euros, est dénoncée par les opposants comme le cheval de Troie de la Chine car les lois chinoises s'y appliquent dans certaines zones.

Ventus Lau Wing-hong a ironiquement assuré pendant le rassemblement que les manifestants n'avaient aucune intention d'occuper la gare, vu que le catalyseur du mouvement est la peur d'être envoyé en Chine. Le principe "Un pays, deux systèmes" prévoit en particulier la liberté d'expression et l'indépendance de la justice.

Pékin a également refusé de permettre l'élection du chef du gouvernement hongkongais au suffrage universel comme l'avaient exigé en 2014 les contestataires de la "révolte des parapluies".

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