Libye: Paris confirme la présence d’armes françaises dans l’arsenal d’Haftar

Tripoli, le 29 juin. Des forces loyalistes exposent des des missiles Javelin qu’elles auraient prise aux forces rebelles d’Haftar dans la ville de Gharian

Libye : les missiles découverts sur une base pro-Haftar appartiennent bien à la France

Selon la défense française, ces armes "étaient destinées à l'autoprotection d'un détachement français déployé à des fins de renseignement en matière de contre-terrorisme".

En effet, selon des révélations du New-York Times, " une cache de puissants missiles américains vendus à la France avant de se retrouver entre les mains de combattants rebelles fidèles au général Khalifa Hafter, qui cherche à renverser le gouvernement soutenu par les Nations unies à Tripoli ".

Ces missiles, dont la France a reconnu la propriété, n'étaient "pas entre des mains libyennes", a assuré la ministre ce vendredi, sans préciser pourquoi il était "faux " d'affirmer le contraire.

Les supputations sur le fait que la France appuie et arme secrètement le maréchal Khalifa Haftar ont été alimentées par une étrange découverte en Libye: les troupes de Haftar ont bien des missiles qui appartiennent à l'armée française.

"Endommagées et hors d'usage, ces munitions étaient temporairement stockées dans un dépôt en vue de leur destruction".

La révélation est embarrassante pour les autorités françaises, accusées de jouer double jeu en Libye et critiquées par le Premier ministre Fayez al Sarraj pour leur positionnement "ambigu" envers son rival, le maréchal Khalifa Haftar. L'homme fort de l'Est libyen a lancé le 4 avril une offensive sur la capitale.

"Que faisait l'unité française à cet endroit, au côté de l'ANL?"

"Les militaires français soutenaient-ils activement Haftar dans son offensive sur Tripoli?", demande Claudia Gazzini (International Crisis Group), qui pointe les "ambiguités" du communiqué de Paris. Une information alors démentie par l'ambassade de France. Le 17 juillet 2016, trois sous-officiers français avaient péri dans le crash d'un hélicoptère dans la région de Benghazi, le fief du maréchal libyen.

La bataille de Tripoli - siège du gouvernement internationalement reconnu - a commencé lorsque les forces du général Haftar ont lancé une attaque en avril, avec des centaines de morts dans les mois qui ont suivi. L'ONU a renouvelé en juin pour un an une opération européenne chargée du contrôle de l'embargo sur les armes pour la Libye, où des livraisons d'armements sont signalées depuis deux mois. Haftar bénéficie, lui, du soutien de l'Egypte et des Emirats arabes unis et d'un appui, au moins politique, des Etats-Unis et de la Russie.

Pour Jalel Harchaoui (institut néerlandais Clingendael), "cette débâcle sur les Javelin ne va rien changer au raisonnement des Emiratis, Egyptiens, Français". "A la fin, il fait ce qu'il veut".

Parallement, en mai, le GNA a publié des photos de dizaines de blindés turcs au port de Tripoli.

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