Qui veut la peau de François de Rugy ?

GEORGES GOBET

GEORGES GOBET

Trente six heures après avoir été désigné candidat LREM à Paris, Benjamin Griveaux a tenu à se démarquer bruyamment de François de Rugy, ciblé depuis quelques jours par Médiapart pour son train de vie supposé fastueux. Les photos des agapes de François de Rugy et de ses invités choquent parce qu'elles contrastent "avec une situation sociale extrêmement dure, difficile et une attitude du pouvoir en place par rapport à ces mouvements sociaux qui est extrêmement brutale", a-t-il expliqué. Il précise que sera peut-être sollicité le "concours de la déontologue de l'Assemblée", comme le demandent plusieurs députés de la majorité ou de l'opposition.

La secrétaire d'État à l'Égalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa, a par exemple confié comprendre "l'indignation" suscitée par cette série de révélations sur l'organisation, alors qu'il était président de l'Assemblée nationale, de dîners présentés comme fastueux aux frais du contribuable. Sur sa page Facebook, c'est le ministre qui publie lui-même une série de documents sur l'appartement qu'il loue près de Nantes.

Convoqué jeudi à Matignon, le ministre s'engage le cas échéant à "rembourser chaque euro contesté".

François de Rugy a toutefois admis qu'il aurait pu "changer une tradition (.) de l'Assemblée nationale qui est de sortir les grandes tables".

M.de Rugy affirme n'avoir jamais su qu'il s'agissait d'un appartement à "loyer social préférentiel" et se dit "victime d'une tricherie" de l'agence immobilière ou du propriétaire de l'appartement.

Jeudi, un article de Mediapart concerne des travaux réalisés par le ministre dans son logement de fonction à l'Hôtel de Roquelaure pour un montant de 63.000 euros.

Vendredi, Ouest-France indique que M.de Rugy a organisé en mars un dîner avec des lobbyistes du monde de l'énergie, en demandant que ce rendez-vous "informel" n'apparaisse pas "dans l'agenda public".

La préfète Nicole Klein, ex-directrice de cabinet du ministre, a elle donné vendredi une interview cinglante au quotidien Ouest-France, dans laquelle elle l'accuse d'avoir "voulu sauver sa tête en offrant la (sienne)". Sa directrice de cabinet, Nicole Klein, a également été touchée par les révélations du site d'information, ayant occupé un logement social à Paris pendant plus de douze ans alors qu'elle n'habitait plus à la capitale. Il a enfin bénéficié de crédits d'impôt liés à la garde d'enfant.

"Une seule raison", a aussitôt riposé François de Rugy dans un tweet: "Les dons de 1 200€ que je faisais chaque mois au parti EELV en tant que député du groupe EELV, comme TOUS les autres députés du groupe, et comme tous les autres parlementaires qui financent ainsi leurs partis et la vie politique".

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