Trump: "Il n'y a pas une once de racisme en moi"

Alexandria Ocasio Cortez et Ilhan Omar, élues respectivement à New York et dans le Minnesota ont été la cible de tweets controversés de Donald Trump

« Retournez d'où vous venez », dit Trump à des élues démocrates | Donald Trump, président des États-Unis

Donald Trump a lancé sur twitter des attaques aux accents xénophobes contre des élues démocrates issues de minorités.

" C'est un tweet raciste", a affirmé le démocrate Ben Ray Lujan, l'un des plus hauts responsables hispaniques du Congrès".

Sans forcément s'étendre sur la teneur des tweets du président américain - des insultes racistes et xénophobes - Trump a, pour résumer, invité lesdites quatre élues issues des minorités à retourner dans les pays dont elles sont "originaires", et dans lesquels la situation est "catastrophique", pour "aider à les remettre en état". Des élues qui ont évidemment condamné les propos du président des Etats-Unis. "NOUS sommes ce à quoi ressemble la démocratie", a renchéri Ayanna Pressley. "On ne nous fera pas taire", a ainsi affirmé l'élue noire du Massachusetts Ayanna Pressley, qui a accusé Donald Trump de manquer "de la grâce, de l'empathie, de la compassion et de l'intégrité qu'exigent la fonction" présidentielle.

Dimanche, le 45e président des Etats-Unis avait appelé ces élues démocrates de couleur à "retourner" dans leur pays d'origine - alors même que trois d'entre elles sont nées aux Etats-Unis. Lundi, à un journaliste qui lui demandait "est-ce que cela vous dérange que nombre de gens trouvent vos tweets racistes?", il a répondu, stoïque: "Cela ne me dérange pas car beaucoup de gens sont d'accord avec moi".

Dans le camp démocrate, les tweets des dernières 48 heures ont suscité un véritable tollé, indique l'AFP.

Rompant avec le silence des élus républicains, la sénatrice du Maine Susan Collins a appelé le président milliardaire à revenir sur ses propos.

"Présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi a été l'une des premières à réagir à cette série de longs tweets".

Ilhan Omar est arrivée aux États-Unis en tant que réfugiée de Somalie lorsqu'elle était mineure.

Alexandria Ocasio-Cortez, qui est née à New York, a des origines de Porto Rico qui est un territoire américain. A un an et demi du scrutin pouvant conduire à sa réélection, le président vise par ceux-ci à renforcer la base de son électorat en ressortant un thème, l'immigration, qui fait très souvent recette, notamment chez les "suprémacistes blancs".

Le président américain a persisté lundi dans ses attaques, accusant les quatre élues de "haïr" l'Amérique.

Enfin, l'élue musulmane du Michigan Rashida Tlaib a appelé à lancer une procédure de destitution contre Donald Trump.

La stratégie politique du locataire de la Maison Blanche est claire: enfoncer des coins dans la famille démocrate, traversée de tensions.

"Calcul froid et cynique" "Avec cette sortie délibérément raciste, Donald Trump cherche à rendre les personnes ciblées plus visibles, à pousser les démocrates à les défendre et à en faire des emblèmes du parti tout entier", souligne David Axelrod, ancien proche conseiller de Barack Obama. "C'est un calcul froid et cynique", ajoute-t-il. "Elles sont vraiment très mécontentes, elles passent leur temps à se plaindre". "Il n'est malheureusement pas possible de dire la même chose des leaders du parti républicain", déplore-t-il. Des propos que n'a pas manqué de condamner la Première ministre britannique, Theresa May, les jugeant "totalement inacceptables".

Dernières nouvelles