L'Iran va "certainement continuer" à réduire ses engagements — Nucléaire

Fariba Adelkhah écrivaine franco-iranienne dirige un groupe de recherche au Centre d'études et de recherches internationales.SIPA

Fariba Adelkhah écrivaine franco-iranienne dirige un groupe de recherche au Centre d'études et de recherches internationales.SIPA

"Il est urgent que l'Iran respecte ses engagements", a-t-elle déclaré.

" Nous sommes préoccupés par le risque que le JCPoA ne se défasse, sous la pression des sanctions imposées par les Etats-Unis et à la suite de la décision de l'Iran de ne plus appliquer plusieurs des dispositions centrales de l'accord", expliquent-ils dans ce texte diffusé par l'Elysée.

Les ministres des Affaires étrangères des pays membres de l'Union européenne se sont réunis lundi à Bruxelles, décidés à jouer leur va-tout pour sauver l'accord de 2015 sur le programme nucléaire iranien. "L'accord est mal en point, mais j'espère que sa dernière heure n'est pas venue".

Il est "irréaliste" d'attendre que l'Iran "revienne aux conditions qui prévalaient avant le 8 mai 2019" sans que les Européens fassent "la preuve de leur volonté politique et de leur capacité" à permettre que l'Iran "bénéficie en pratique" de l'accord, a averti le porte-parole des Affaires étrangères Abbas Moussavi dans un communiqué. "Les achats iraniens en Europe seront compensés par des achats européens pour un montant équivalent en Iran".

Ces mesures, présentées comme une " troisième phase " du désengagement annoncé, pourraient être mises en œuvre d'ici 60 jours advenant que les autres signataires de l'accord ne parviennent pas à répondre à ses doléances.

"Si les Européens et les Américains ne veulent pas agir conformément à leurs engagements, nous aussi, en réduisant nos engagements, nous contrebalancerons cela et reviendrons à la situation d'il y a quatre ans", a indiqué Behrouz Kamalvandi, cité par l'agence officielle Irna.

Mais les autorités iraniennes veulent des actes.

A l'issue de la séance un communiqué de Federica Mogherini a été publié disant: " Pour l'instant, les parties restent attachés à l'accord nucléaire avec l'Iran. Mais deux grands pays de l'UE, l'Italie et la Pologne, manquent pour crédibiliser cet instrument, a déploré un diplomate européen de haut rang.

Les tensions dans la région du Golfe n'ont fait que s'intensifier depuis que les États-Unis se sont retirés en mai 2018 de l'accord nucléaire signé entre l'Iran et les grandes puissances en 2015, et ont rétabli de lourdes sanctions contre Téhéran.

"Ces mesures ne sont pas prises obstinément". Conclu après des années d'efforts diplomatiques, l'accord de Vienne de 2015 prévoit une limitation du programme nucléaire iranien en échange de la levée des sanctions internationales contre ce pays.

"Les sanctions américaines empêchent l'Iran de bénéficier des avantages économiques promis lorsqu'il a accepté de freiner son activité atomique".

L'Iran demande depuis des mois aux Etats encore parties à l'accord de l'aider à contourner les sanctions, en particulier la possibilité de vendre son pétrole et de sortir son système financier de l'isolement auquel l'astreignent les sanctions américaines.

L'Iran s'est affranchi de certaines obligations prévues par l'accord et a annoncé avoir dépassé le seuil d'enrichissement d'uranium qui lui était imposé.

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