Bruxelles va enquêter sur Amazon et les données des commerçants

L'UE VA ENQUÊTER SUR AMAZON ET LES DONNÉES DES COMMERÇANTS

L'UE VA ENQUÊTER SUR AMAZON ET LES DONNÉES DES COMMERÇANTS

"Nous coopérerons pleinement avec la Commission", a réagi Amazon dans un mail à l'AFP. Elle doit déterminer si l'utilisation par Amazon des données provenant de détaillants indépendants, vendant leurs biens sur sa place de marché (marketplace), est contraire aux règles de concurrence de l'UE. Dans le viseur de la commissaire à la concurrence Margrethe Vestager, comme tous les autres géants du numérique d'ailleurs, Amazon fait l'objet d'une "enquête approfondie " de la Commission européenne, qui va se pencher sur les pratiques potentiellement anticoncurrentielles de la firme de Jeff Bezos.

La Danoise, dont les services ont déjà enquêté sur Apple, Facebook, Google et déjà Amazon dans le passé, est dans la ligne de mire de Donald Trump.

L'entreprise américaine vend en effet directement des produits sur son site web, mais met également à disposition de vendeurs indépendants une place de marché appelée Marketplace, sur laquelle ils peuvent vendre aux consommateurs.

Ainsi, il y a plusieurs mois, une enquête préliminaire a déjà laissé apparaître que le géant américain utilisait "des informations sensibles sous l'angle de la concurrence" sur "les vendeurs, leurs produits et leurs transactions". "L'ouverture d'une procédure formelle d'examen ne préjuge pas de son issue", précise la Commission.

Si dans l'esprit, et pour grossir le trait, les vendeurs peuvent se satisfaire de cette opportunité, la pratique permet à Amazon de récolter, en continu, des données et informations sur les activités qui ont lieu sur sa plateforme.

La Commission va d'une part examiner les accords types conclus entre le géant américain du commerce en ligne et les vendeurs "Marketplace", qui permettent au groupe d'analyser et d'utiliser les données de vendeurs tiers.

Selon Margrethe Vestager, Amazon pourrait, après les avoir recueillies, exploiter ensuite ces données pour "faire ses propres calculs", "voir ce que les gens veulent comme offre, et ce qui les fait acheter tel ou tel produit ".

Bruxelles a notamment infligé trois lourdes amendes au géant d'internet Google pour abus de position dominante sur son système d'exploitation pour smartphone Android (4,34 milliards d'euros), son comparateur de prix Google Shopping (2,42 milliards d'euros) et sa régie publicitaire AdSense (1,49 milliard d'euros). Et "nous sommes arrivés à la conclusion que ces enquêtes ne chevauchent pas la nôtre, puisqu'elles ne portent pas sur l'utilisation des données par Amazon".

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