Londres conseille aux navires britanniques d'éviter le détroit d'Ormuz — Tensions Iran/États-Unis

Navires iraniens dans le détroit d'Ormuz

L'Iran affirme avoir arraisoné un pétrolier étranger dans le golfe Persique AFP 2019 Ebrahim Noroozi

Téhéran a nie cette accusation et dénonce un acte de "piraterie" envers le navire chargé de 2,1 millions de barils de brut.

Les tensions entre l'Iran et les États-Unis ont repris de plus belle depuis le jeudi 18 juillet 2019.

"Dans une situation déjà tendue, ce développement alimente les risques de nouvelle escalade", a estimé le service de la diplomatie de l'UE en exprimant sa "profonde préoccupation". Le Royaume-Uni a également recommandé aux navires britanniques de rester "en dehors de la zone" du détroit d'Ormuz pour une "période provisoire". Le chef de l'Organisation des ports et de la marine de la province d'Hormozgan a affirmé samedi que le Stena Impero a été impliqué dans un incident avec un bateau de pêche avant d'être confisqué par les autorités.

Les Européens ont exhorté samedi l'Iran à libérer un pétrolier battant pavillon britannique arraisonné dans le détroit d'Ormuz, la Grande-Bretagne dénonçant un acte "dangereux" et appelant les navires britanniques à éviter ce passage maritime stratégique où se multiplient les incidents.

Londres a déploré la saisie de ce navire, jugeant qu'il s'agissait d'une " atteinte inacceptable à la liberté de navigation ".

"L'une des raisons pour lesquelles le pétrolier a été saisi pour davantage d'investigations est qu'il a continué sa route pendant un moment avec son transpondeur éteint", a dit ensuite le responsable iranien à l'agence de presse ILNA. Dix-huit, dont le capitaine, sont de nationalité indienne et les cinq autres sont de nationalité philippine, lettone ou russe. Aucune indication n'a été donnée depuis sur ce navire. Mais l'Iran a rejeté des " allégations sans fondement " et affirmé n'avoir perdu aucun drone.

Les tensions entre Téhéran et Washington, qui n'entretiennent pas de relations diplomatiques depuis 1980, se sont envenimées depuis le retrait unilatéral américain de l'accord nucléaire de 2015 et le rétablissement des sanctions économiques américaines qui nuisent fortement à l'économie iranienne.

"Le ministère de la Défense britannique a déclaré qu'il cherchait en urgence à comprendre ce qu'il s'était passé avec ce bateau de 30000 tonnes à pavillon britannique, qui se dirigeait vers l'Arabie Saoudite quand il a soudainement dévié de sa trajectoire et quitté les eaux internationales dans le détroit d'Ormuz", explique The Guardian. Jeudi dernier, le président américain, Donald Trump, avait déclaré qu'un drone iranien avait été abattu.

Elles ont été exacerbées par les échanges d'invectives et des sabotages ou des attaques qui ont visé depuis mai six navires dans la région du Golfe et ont été imputés par les Etats-Unis à l'Iran qui a démenti.

Le 20 juin, les Gardiens de la Révolution annoncent avoir abattu un drone américain qui avait "violé l'espace aérien iranien".

Donald Trump a affirmé vendredi que les États-Unis avaient bien "abattu" la veille un drone iranien au-dessus du détroit d'Ormuz, ce que l'Iran a de son côté catégoriquement démenti. Face au regain de tensions dans la région, l'Arabie saoudite a décidé d'accueillir des forces américaines.

Cela "aura un effet dissuasif supplémentaire et renforcera notre capacité à défendre nos troupes et intérêts dans la région", a indiqué le commandement central des forces américaines, alors que Washington cherche à mettre sur pied une coalition internationale pour escorter les navires de commerce dans le détroit d'Ormuz.

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