L'Espagne dans l'impasse après un nouveau revers pour Sanchez

Pedro Sánchez dans l’hémicycle du Congrès espagnol à Madrid jeudi

Pedro Sánchez dans l’hémicycle du Congrès espagnol à Madrid jeudi

Pedro Sanchez n'a obtenu que 125 voix, soit toutes celles de son parti plus celle d'un député régionaliste, et 155 contre.

Deux sources gouvernementales ont dit à Reuters que les demandes de Podemos étaient "inacceptables", notamment les portefeuilles ministériels qu'il souhaite obtenir. "C'est la deuxième fois que vous allez empêcher que l'Espagne ait un gouvernement de gauche", a lancé à Podemos la chef du groupe socialiste à la Chambre, Adriana Lastra.

170 députés ont voté contre lui et 52 se sont abstenus, dont ceux de la formation de gauche radicale Unidas Podemos avec laquelle les socialistes sont engagés depuis vendredi dans d'âpres négociations.

Et l'Espagne irait vers son premier gouvernement de coalition de gauche depuis 1936, quand a éclaté la guerre civile.

Pedro Sanchez, qui continue a expédier les affaires courantes, a maintenant jusqu'au 23 septembre pour retenter sa chance, faute de quoi les Espagnols devraient retourner aux urnes en novembre. Il faudrait en effet que le roi lui confie à nouveau formellement cette tâche.

Dans un entretien à la chaîne de télévision privée Telecinco jeudi soir, M. Sanchez a assuré qu'il allait se mettre au travail "immédiatement" pour que l'Espagne ait un nouveau gouvernement "dès que possible" et éviter de nouvelles élections. "Pas deux gouvernements en un", lui a lancé le socialiste. Mais Podemos a annoncé qu'il s'abstiendrait, vouant ainsi l'investiture de Pedro Sanchez à l'échec.

Lors des six jours de tractations, reproches et fuites de documents dans la presse se sont multipliés. Vous ne comprenez toujours pas, Pablo Iglesias, qu'il faut un gouvernement cohérent et en cohésion. Podemos évoquait publiquement des propositions "humiliantes" les cantonnant à un "rôle de figuration".

Le brûlant dossier catalan risque de compliquer encore les discussions.

Les observateurs préviennent qu'en cas de nouvelles élections, la participation devrait être faible, les électeurs étant mécontents de l'incapacité des politiciens à former un gouvernement.

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