Méditerranée: plus de 110 migrants portés disparus au large de la Libye

Des migrants secourus par les garde-côtes libyens après le naufrage de leur bateau le 25 juillet 2019. REUTERS  Ismail Zetouni

Des migrants secourus par les garde-côtes libyens après le naufrage de leur bateau le 25 juillet 2019. REUTERS Ismail Zetouni

Sur Twitter, le Haut-Commissaire de l'ONU pour les réfugiés (HCR), Filippo Grandi a évoqué "la pire tragédie en Méditerranée cette année", rappelant que "la reprise des opérations de sauvetage en mer, la fin de la détention des réfugiés et des migrants en Libye, la multiplication des voies de sortie sûres hors de la Libye [étaient] désormais nécessaires".

" Je suis horrifié par les informations selon lesquelles environ 150 personnes seraient mortes dans un naufrage au large des côtes de la Libye", a déclaré jeudi le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres". Ce naufrage est le plus meurtrier depuis le début de l'année.

Les passagers étaient en majorité des Érythréens, mais aussi des Palestiniens et des Soudanais. Médecins sans frontières (MSF) en Libye a estimé, selon les récits recueillis auprès des survivants, que près de 400 personnes se trouvaient à bord du bateau. Safa Msehli, chargée de la communication au bureau de l'OIM en Libye, a déclaré que 145 migrants avaient été secourus et ramenés vers Khoms, à 120 km à l'est de la capitale libyenne Tripoli.

Les survivants ont été ramenés par des pêcheurs et par des gardes-côtes sur le sol libyen, a dit un porte-parole du HCR. "Un papa qui était en train d'être récupéré n'a pu que constater que sa famille était en train de disparaître". Une centaine de migrants ont quant à eux été secourus d'après l'organisation internationale pour les migrants (OIM).

Au micro de France Inter, Julien Raickman raconte que ces personnes ont été "extrêmement choquées" par ce qu'elles ont vécu et ne sont pas prêtes à supporter les conditions de détention qui les attendent en Libye. Selon des chiffres de l'OIM, au moins 5.200 personnes sont actuellement dans des centres de détention en Libye.

Ces derniers mois, des ONG ont dénoncé les conditions de détention des migrants, conséquence selon elles de la politique migratoire des pays européens conclue avec les autorités libyennes. "Ce sont des écoles où on a muré les fenêtres où il y a des personnes entassées avec un mètre carré par personne, on meurt de tuberculose, on est torturé, violé et vendu".

Malgré des violences persistantes depuis la chute en 2011 du régime de Mouammar Kadhafi après une révolte, la Libye reste un important point de transit pour les migrants fuyant l'instabilité dans d'autres régions d'Afrique et du Moyen-Orient et qui cherchent à rejoindre l'Europe.

Dernières nouvelles