La BCE voit se dégrader les perspectives d'inflation et de croissance

La BCE laisse la main à la Fed Amplegest | Crédits

La BCE laisse la main à la Fed Amplegest | Crédits

Le Conseil des gouverneurs prévoit que les taux d'intérêt directeurs de la BCE resteront à leurs niveaux actuels, ou à des niveaux plus faibles, au moins pendant le premier semestre 2020 et, en tout cas, aussi longtemps que nécessaire pour assurer la poursuite de la convergence durable de l'inflation vers son objectif à moyen terme.

Pour justifier les décisions du jour, plus énergiques qu'anticipé par les analystes, M. Draghi devrait souligner face à la presse la dégradation des indicateurs macroéconomiques, qui vont tous dans le sens d'une croissance poussive en zone euro au deuxième trimestre.

"Fondamentalement nous n'aimons pas ce que nous constatons sur le front de l'inflation et la symétrie signifie qu'il n'y a pas de plafond à 2%". Elle pourrait alors remplacer Mario Draghi le 1er novembre.

Par cette décision, l'institut monétaire démontrerait aussi sa capacité à agir, à l'image de la Réserve fédérale américaine (Fed) qui s'apprête à abaisser ses taux de 0,25 point de pourcentage lors de sa réunion du 31 juillet.

Si la confiance des ménages, le marché de l'emploi et le crédit au secteur privé résistent, plusieurs indicateurs récents sur le climat des affaires dans l'industrie dressent un tableau particulièrement sombre et font craindre que la faiblese de la demande extérieure, en partie liée aux tensions commerciales, se propage aux marchés intérieurs. Pour l'heure, l'euro restait stable à 1,1140 dollar.

Les Bourses européennes, qui avaient accru leurs gains, se sont retournées à la baisse. "L'Allemagne est dans une zone grise entre un ralentissement marqué et une récession".

La BCE avait pris les observateurs par surprise dans son traditionnel communiqué de politique monétaire, à 11H45 GMT: non seulement elle a préparé les esprits à une baisse de taux, comme attendu, mais elle a aussi évoqué une panoplie de mesures supplémentaires intégrant de nouveaux rachats d'obligations.

Une reprise des achats de dette publique des pays de la zone euro risque aussi de contrevenir à la règle que la BCE s'est elle-même imposée de ne pas détenir plus du tiers de l'encours de titres de dette publique de tel ou tel pays de la zone euro.

Au moment de décider sa politique monétaire en septembre, la BCE disposera de propres projections actualisées après celles de juin, qui étaient légèrement plus optimistes que celles du présent panel d'experts.

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