Pour l'Iran, les Etats-Unis agissent seuls et leurs alliés ont "honte"

Le chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif le 23 avril 2018 à New York. AFP  Don EMMERT

Le chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif le 23 avril 2018 à New York. AFP Don EMMERT

Le Royaume-Uni a annoncé lundi sa participation à une " mission de sécurité maritime " aux côtés des États-Unis afin de protéger les navires marchands dans le détroit stratégique d'Ormuz, au cœur de tensions avec l'Iran, au moment même où Téhéran raillait l'isolement de Washington.

L'idée était que chaque pays y escorte militairement ses navires marchands avec le soutien de l'armée américaine, qui assurerait la surveillance aérienne de la zone et le commandement des opérations.

Les Etats-Unis viennent d'imposer des sanctions contre Zarif après que ce dernier a refusé, selon des responsables iraniens, une invitation à rencontrer Donald Trump à la Maison Blanche.

Les Européens notamment ne veulent pas s'associer à la politique de " pression maximale " sur l'Iran du président américain Donald Trump, car ils cherchent à préserver l'accord limitant les activités nucléaires iraniennes, conclu en 2015 avec l'Iran et dont Washington s'est retiré en 2018.

" Un pyromane ne peut être un pompier", a dit M. Zarif, soutenant que depuis l'arrivée des Américains dans la région il n'y a plus " que violence, guerre et massacre ".

Vendredi, le magazine New Yorker a rapporté que le sénateur américain Rand Paul avait rencontré mi-juillet à New York, avec la bénédiction de M. Trump, M. Zarif pour l'inviter à la Maison Blanche.

Des responsables iraniens ont confirmé dimanche ces informations.

Avant M. Zarif, le guide suprême Ali Khamenei, ultime décideur dans les dossiers sensibles en Iran, a été la cible de sanctions américaines.

Les Etats-Unis ont placé M. Zarif sur leur liste noire la semaine dernière.

Les relations entre Téhéran et Washington n'ont cessé de se dégrader depuis le retrait unilatéral des Etats-Unis de l'accord sur le nucléaire iranien, suivi du rétablissement de lourdes sanctions américaines contre l'Iran, que l'administration Trump accuse de déstabiliser la région et de chercher à se doter de la bombe atomique.

"La République islamique d'Iran est en faveur de négociations et, si les Etats-Unis veulent vraiment discuter, avant toute chose ils doivent lever l'ensemble des sanctions", a déclaré Hassan Rohani dont les propos ont été retransmis à la télévision d'Etat. À mon avis, les négociations et la diplomatie ne s'arrêteront jamais. Comme faucons, le ministre iranien a cité John Bolton, son conseiller à la sécurité nationale, et son allié, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu. Mais MM. Bolton et Netanyahu l'ont toujours voulue.

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