"Gilets jaunes" : 288 enquêtes de l'IGPN pour présomption de "violences policières"

"Gilets jaunes" : 288 enquêtes de l'IGPN pour présomption de "violences policières"

" Quand j'allume la radio et que j'entends que c'est terminé, que l'IGPN a complètement dédouané les forces de police et que c'est la fin de l'histoire, moi aussi je m'insurge".

" On ne dit pas 'circulez, y a rien à voir!' " Dans un long entretien paru dimanche dans les colonnes de Libération, Brigitte Julien, directrice de l'Inspection générale de la police nationale et David Chantreux, chef de l'unité de coordination des enquêtes ont défendu les conclusions du rapport de la " police des polices ", rendu public mardi dernier. Le rapport de la "police des polices" n'a établi aucun lien entre l'action des forces de l'ordre quai Wilson à Nantes et la disparition de Steve Maia Caniço dans le même secteur. En plus des mobilisations dans la rue ce samedi pour exiger justice et vérité sur l'affaire - deux choses que l'IGPN n'est apparemment pas prête de proposer - la colère a pris sur les réseaux sociaux où de très nombreuses personnes ont mis en avant le fait que l'IGPN sert au gouvernement à blanchir sa police qui mutile et qui tue.

Les deux responsables de l'IGPN ont déclaré que l'enquête administrative ne pouvait pas faire "toute la lumière" sur ce qui s'est passé dans la nuit du 21 au 22 juin à Nantes.

La cheffe de l'IGPN en a également profité pour récuser l'expression de "violences policières", qui n'est pas adaptée aux enquêtes en cours, selon elle. Il cite quelques exemples: " Il n'est pas possible d'accéder aux procès-verbaux de plainte.

" On ne dit pas qu'il n'y a aucune possibilité qu'il y ait un lien entre la chute de Steve et l'intervention de police, ou que la victime est tombée pour une tout autre cause. Mais ce n'est pas la réalité", assure au quotidien David Chantreux, chef de l'unité de coordination des enquêtes. Et quand Libération les questionne à ce sujet, en leur demandant pourquoi ils ne l'ont pas utilisé, leur unique réponse est " Ça aurait pu être utilisé, peut-être que nos enquêteurs ne l'ont pas vu, je ne sais pas ".

Quant à l'usage de la force par les forces de l'ordre, Brigitte Julien affirme que celui-ci était justifié: " L'emploi de la force était légitime en réaction à des jets de projectiles. Au sens technique, il n'y aurait pas non plus eu de charge, puisque les policiers n'ont pas réalisé de "bond offensif"- c'est-à-dire qu'ils n'ont pas couru vers les fêtards. "Or c'est ça qu'on appelle une charge en matière de police". "Après, ça ne veut pas dire qu'on conteste que des policiers puissent commettre des violences".

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