Pour l'Iran, les Etats-Unis agissent seuls et leurs alliés ont 'honte

Le chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif le 23 avril 2018 à New York. AFP  Don EMMERT

Le chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif le 23 avril 2018 à New York. AFP Don EMMERT

Téhéran, 5 août 2019 (AFP) - Le chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif a affirmé lundi que les Etats-Unis étaient incapables de bâtir une coalition internationale pour protéger les navires marchands dans le Golfe car leurs alliés avaient selon lui "honte" de les rejoindre.

Il a indiqué lors d'une conférence de presse que son pays était responsable de la sécurité dans cette région, rejetant toute ingérence étrangère, et qu'il n'autorisera aucune violation des réglementations.

Les Européens notamment ne veulent pas s'associer à la politique de " pression maximale " sur l'Iran du président américain Donald Trump, car ils cherchent à préserver l'accord limitant les activités nucléaires iraniennes, conclu en 2015 avec l'Iran et dont Washington s'est retiré en 2018.

Et l'Iran a annoncé dimanche avoir saisi un pétrolier étranger dans le Golfe, le troisième en moins de trois mois dans cette région par laquelle transite le tiers du pétrole acheminé par voie maritime au monde.

Après la saisie d'un pétrolier britannique par l'Iran en juillet, Londres a décidé d'escorter les navires civils battant pavillon britannique dans le détroit d'Ormuz situé dans la région du Golfe, et a envoyé un deuxième navire de guerre dans la région. Malgré la politique de sanctions et l'animosité entre Washington et Téhéran, l'administration Trump avait lancé des appels au dialogue à l'Iran.

Les Etats-Unis viennent d'imposer des sanctions contre M. Zarif après que ce dernier a refusé, selon des responsables iraniens, une invitation à rencontrer M. Trump à la Maison Blanche.

Dans un article publié vendredi, le magazine New Yorker a rapporté que le sénateur américain Rand Paul avait joué, avec la bénédiction du président Trump, le rôle d'intermédiaire auprès de M. Zarif pour l'inviter à la Maison Blanche. Celle-ci n'avait pas commenté ces informations.

Plus tard, des militaires iraniens ont abattu un drone américain qui avait violé l'espace aérien du pays, d'après les autorités de la République islamique iranienne, alors que les États-Unis ont déclaré que l'appareil se trouvait dans l'espace aérien international. Avant lui, le guide suprême Ali Khamenei, ultime décideur dans les dossiers sensibles en Iran, a été la cible de sanctions américaines. "Ils ne doivent pas s'attendre à ce que l'on négocie tant qu'ils sont engagés dans un terrorisme économique", a lancé Mohammad Javad Zarif en allusion aux sanctions américaines qui asphyxient l'économie de son pays. À mon avis, les négociations et la diplomatie ne s'arrêteront jamais. Comme faucons, le ministre iranien a cité John Bolton, son conseiller à la sécurité nationale, et son allié, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

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