Troisième jour de négociations de paix

Elles mangent

Deux jeunes Afghanes

Selon une source talibane, des efforts sont en cours pour organiser une réunion directe entre l'envoyé américain pour l'Afghanistan Zalmay Khalilzad et Mullah Baradar, un des cofondateurs des talibans. Elle avait été lancée après les attentats du 11 septembre aux Etats-Unis, pour frapper les camps d'el-Qaëda et son leader Oussama ben Laden.

Le conflit afghan a fait 1500 civils morts ou blessés en juillet, a annoncé le chef de la mission d'aide des Nations unies en Afghanistan (Manua), indiquant qu'il s'agit du mois le plus meurtrier. Washington met les bouchées doubles afin d'arracher un accord politique avec les Taliban avant l'élection présidentielle afghane, prévue le 28 septembre.

UNELa mérique pourrait retirer des milliers de soldats d'Afghanistan dans les prochains mois dans le cadre d'un accord de paix initial avec les Taliban. "Nous avons fait beaucoup de progrès". "Notre présence en Afghanistan est soumise à des conditions et tout retrait sera soumis à des conditions", a-t-il assuré, après avoir rencontré le Premier ministre pakistanais Imran Khan à Islamabad.

"La question du retrait des forces a fait durer les pourparlers de paix et repoussé l'accord", a déclaré sous le couvert de l'anonymat un commandant taliban de haut rang en Afghanistan. L'accord entre Washington et les talibans ouvrirait la voie à un dialogue interafghan entre les insurgés et une délégation gouvernementale. Cela incluait notamment le retour des déplacés et mentionnant les droits des femmes, dont beaucoup en Afghanistan s'inquiètent qu'ils soient sacrifiés sur l'autel d'un compromis avec les Taliban. "Nous voulons une République, pas un émirat", a déclaré le président afghan Ashraf Ghani vendredi sur Facebook, alors que les talibans ont insisté sur leur volonté de rétablir un émirat islamique tel qu'ils l'avaient établi en 1996.

"Mains libres" L'éventuel accord entre Washington et les talibans suscite toutefois des doutes chez les spécialistes.

" Al-Qaïda va poursuivre les combats et miser sur le fait qu'une fois les États-Unis partis, ils ne reviendront pas", estime-t-il". Le sol afghan ne deviendrait pas un tremplin pour les groupes terroristes transnationaux comme Al-Qaïda.

Les questions épineuses du partage du pouvoir avec les talibans, du rôle des puissances régionales, dont le Pakistan et l'Inde, et du sort de l'administration du président Ghani restent à discuter.

Certains Afghans comme Ali Yarmal, un habitant de Kaboul, espèrent qu'un accord de paix " permettra de faire revenir la prospérité " dans ce pays ravagé par des décennies de conflit.

Beaucoup craignent que Washington, pressé de mettre un terme à la plus longue guerre de l'histoire des États-Unis, conclue hâtivement un accord de retrait de ses troupes qui permettrait aux insurgés de retrouver une forme de pouvoir.

Alors même qu'ils avaient affirmé en juillet à Doha vouloir réduire les victimes civiles à "zéro", les talibans ont continué leurs attaques.

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