Internationale - Les Kurdes dans la cible d'Erdogan

Syrie : la Turquie annonce une offensive contre les forces kurdes au-delà de l'Euphrate

«Toute action unilatérale serait inacceptable»

Recep Tayyip Erdogan réclame de longue date l'établissement dans le nord de la Syrie d'une "zone de sécurité" qui écarterait les combattants kurdes de la frontière turque. Toutefois, le nouveau chef du Pentagone, Mark Esper, a mis en garde mardi que toute "incursion unilatérale" de la Turquie contre les éléments de l'organisation "YPG" serait "inacceptable". En janvier, alors qu'une telle offensive paraissait imminente, Washington avait proposé à Ankara de créer une "zone de sécurité" séparant la frontière turque des positions des YPG en Syrie.

Des responsables militaires américains se trouvaient mardi à Ankara pour tenter d'arracher un accord, au lendemain de discussions infructueuses.

Il serait " inacceptable " que l'armée turque intervienne dans le nord de la Syrie et les Etats-Unis feront tout pour empêcher une telle issue, a prévenu mardi le secrétaire américain à la Défense, Mark Esper.

En 2018, la Turquie a pris le contrôle de l'enclave kurde d'Afrine, dans le nord-ouest de la Syrie, après une offensive terrestre et aérienne de deux mois qui a poussé à la fuite des dizaines de milliers de personnes.

Deux points de désaccord avec Washington. "Si nous ne faisons pas aujourd'hui ce qui est nécessaire, nous serons contraints de le faire demain en payant un plus lourd tribut", a-t-il ajouté lors d'une conférence retransmise à la télévision.

La Turquie négocie avec les Etats-Unis de l'éventuelle création d'une "zone de sécurité" dans les zones contrôlées par les Américains dans le nord de la Syrie, afin séparer la frontière turque de certaines positions kurdes. La Turquie considère les YPG comme un "groupe terroriste" qui menace sa sécurité nationale. "Assécher le marécage du terrorisme dans le nord de la Syrie est notre principale priorité", a insisté M. Erdogan.

Le soutien de Washington aux combattants kurdes empoisonne depuis plus de trois ans les relations entre la Turquie et les Etats-Unis, alliés au sein de l'OTAN.

La Turquie a renouvelé lundi son appel aux Etats-Unis pour qu'ils cessent de soutenir les Forces démocratiques syriennes (FDS), une coalition de combattants arabo-kurdes qui se sont battus aux côtés des Occidentaux contre les djihadistes du groupe Etat islamique (EI) en Syrie.

Pour Aldar Khalil, "Erdogan est sérieux et lancera une attaque à la première occasion" dans le nord-est du pays en guerre, où les Kurdes ont instauré une autonomie fragile.

Selon lui, les groupes kurdes, qui refusent toute présence turque dans cette région, avaient accepté une zone tampon de 5 km de large mais Ankara a refusé cette proposition.

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