La surexploitation des sols et des forêts menace la sécurité alimentaire mondiale

Pour diminuer les émissions de gaz à effet de serre les experts du Giec recommandent une alimentation végétarienne ou végan

La surexploitation des sols et des forêts menace la sécurité alimentaire mondiale

Le rapport du GIEC nous le montre: notre système alimentaire et agricole est à bout de souffle. Il s'agit seulement de l'une des pistes évoquées par les experts pour lutter contre le réchauffement climatique.

Des experts de l'ONU sonnent l'alarme sur " la surexploitation des ressources " qui, selon eux, hypothèque le présent et l'avenir de la sécurité alimentaire, mais appauvrit aussi la biodiversité et amplifie les émissions.

► 23 % des émissions de gaz à effet de serre sur la planète sont dus à l'agriculture, la sylviculture et d'autres types d'utilisation des terres.

De nombreux agriculteurs européens perdent déjà leur production et leurs revenus en raison de sécheresses fréquentes, d'inondations, de vagues de chaleur et de feux de forêt, forçant déjà certains à abandonner leur pays et leur activité traditionnelle, conclut CAN Europe.

Pour Greenpeace, les citoyens et citoyennes peuvent déjà agir à leur niveau, en réduisant leur consommation de viande et de produits laitiers, mais les pouvoirs publics ont un rôle central à jouer, par exemple en soutenant la transition agroécologique face au développement des fermes- usines, en mettant un terme aux importations en France de soja issu de la déforestation et destiné à l'alimentation animale, ou en développant l'offre de repas végétariens dans la restauration collective.

Les habitudes alimentaires ont évolué au cours du demi-siècle écoulé: l'approvisionnement en viande par habitant a plus que doublé en moyenne depuis 1961, alors même que 820 millions de personnes souffrent de la faim. La demande va en effet augmenter avec la population, attendue à 9,8 milliards en 2050 contre 7 milliards aujourd'hui. Les émissions de gaz à effet de serre du système alimentaire dans son ensemble, y compris la production et la consommation, représentent jusqu'à 37 % des émissions mondiales totales d'origine humaine.

Au-delà de la problématique spécifique de l'alimentation, le rapport appelle plus généralement à repenser l'utilisation des terres, et propose des modèles durables.

"Nous devons changer substantiellement la façon dont nous utilisons nos terres", lance Piers Forster, professeur sur le changement climatique à l'université de Leeds.

Ils incluent des mesures d'atténuation basées sur les terres et des changements d'usage, combinant boisement, reboisement, une déforestation réduite et des bioénergies. L'objectif est de limiter le réchauffement à 1,5°C, sans nécessité de changements massifs d'usage des terres.

Selon le rapport, les terres doivent rester productives pour maintenir la sécurité alimentaire en dépit de la croissance démographique et des effets néfastes du changement climatique sur la végétation qui ne cessent de s'aggraver.

Les experts rappellent enfin que la situation nécessite des décisions suivies d'actions _ " à court terme " _ "Retarder le passage à l'action pourrait avoir pour conséquence des effets irréversibles sur certains écosystèmes, avec à long terme le risque de conduire à une augmentation considérable des émissions (de gaz à effet de serre) qui accélérerait le réchauffement climatique", écrivent-ils. La COP-25 est censée aboutir sur des moyens d'appliquer l'accord de Paris sur le climat de décembre 2015.

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