Salvini réclame des élections anticipées le plus "rapidement" possible — Italie

Matteo Salvini a dénoncé dans son communiqué les insultes répétées à moi et à la Ligue de la part de prétendus alliés

Matteo Salvini a dénoncé dans son communiqué les insultes répétées à moi et à la Ligue de la part de prétendus alliés

L'ancien ministre de l'Economie Pier Carlo Padoan a averti qu'un Matteo Salvini au pouvoir en solitaire pourrait faire déraper davantage une économie déjà fragile, avec une croissance quasi nulle attendue cette année, et tendre les taux de l'énorme dette italienne (plus de 130% du PIB).

Il faut "un gouvernement institutionnel qui permettra aux Italiens (via le parlement) de voter la réduction (déjà prévue) du nombre de parlementaires, qui évitera la hausse de la TVA (automatique début 2020, si des mesures budgétaires ne sont pas adoptées avant, ndlr) et qui puisse gérer la tenue d'élections sans manipulations".

Le chef du gouvernement a intimé à M. Salvini de "venir expliquer aux électeurs qui croyaient à la possibilité d'un changement les raisons qui l'ont amené à interrompre brutalement", l'expérience du gouvernement, alors que la Ligue a obtenu pratiquement tout ce qu'elle voulait.

Matteo Salvini a été accueilli vendredi soir dans les Pouilles (sud de l'Italie) par 2000 partisans de la Ligue, désormais impatients de le voir prendre les rênes du pays.

"Piqué au vif, Matteo Salvini a fustigé " des magouilles " et " des manœuvres de palais ".

La tension entre les deux ex-alliés gouvernementaux, la Ligue et le M5S, couvait depuis de longues semaines, plus spécialement depuis les élections européennes qui se sont traduites par un triomphe de la Ligue et un échec cuisant pour le Mouvement.

La réunion au Sénat devra décider notamment la date de mise au vote d'une motion de défiance contre le chef de gouvernement Giuseppe Conte, déposée vendredi par la Ligue. Les dimanches 13, 20 et 27 sont évoqués. Il a déploré la "folie" du projet de Matteo Salvini.

"Salvini devrait étudier la constitution sur laquelle il a prêté serment et arrêter de traiter le Parlement comme une gêne pour ses projets politiques: l'Italie n'est pas et ne deviendra jamais comme la Hongrie de Viktor Orban", a commenté le député de gauche Federico Fornaro.

Quelle que soit la date des élections, la Ligue se présentera en position de force avec 34% recueillis aux européennes de mai et des sondages qui la donnent à 36-38% des intentions de vote, lui permettant potentiellement de gouverner seule, ou avec l'appui acquis d'avance du parti post-fasciste Fratelli d'Italia.

Le gouvernement Conte pourrait devoir démissionner rapidement ou alors se présenter devant le parlement pour le vote d'une motion de censure, ce qui déboucherait sur plusieurs hypothèses.

Le M5S est pour sa part retombé loin derrière, avec environ 17 % des intentions de vote, moitié moins que son score aux législatives de mars 2018.

"L'électorat du Nord", qui représente la base sociale de la Ligue, "était très fatigué par ce gouvernement, il ne le supportait plus", a assuré à l'AFP Massimo Franco, éditorialiste du Corriere della Sera.

La grande inconnue reste la réaction du chef de l'Etat, M. Mattarella, qui a seul le pouvoir de dissoudre le Parlement, après consultation des présidents des deux chambres et des principaux dirigeants politiques avant de convoquer un scrutin.

"A mon avis, c'est la Ligue qui a imposé" la fin de la coalition "et dans les faits c'est le parti qui a diffusé en premier un communiqué suivi plus tard par celui de Salvini", a-t-il ajouté, jugeant totalement inédite la perspective d'élections à l'automne.

Un gouvernement sortant, expédiant simplement les affaires courantes, n'aurait pas le poids nécessaire pour négocier avec Bruxelles et cette situation pourrait nuire à l'Italie sur les marchés. En position de force dans les sondages, il réclame de nouvelles élections.

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