L'autorité de Matteo Salvini contestée — Open Arms

REUTERS  Guglielmo Mangiapane

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"La France, l'Allemagne, la Roumanie, le Portugal, l'Espagne et le Luxembourg viennent à peine de m'indiquer qu'il sont prêts à recevoir des migrants", a écrit le Premier ministre italien Giuseppe Conte dans une lettre ouverte adressée à son ministre de l'Intérieur Matteo Salvini.

L'Ocean Viking, le navire de SOS Méditerranée et Médecins sans frontières (MSF) qui cherche également un port pour plus de 350 migrants, se dirigeait jeudi vers le nord et se trouvait bien au-delà de Lampedusa et de Malte.

Proactiva, qui avait assuré la veille qu'elle n'envisageait pas d'accoster de force, a précisé jeudi que les migrants à bord "savent qu'il n'y a pas de port pour eux, mais voir la terre ferme les calme". Une décision prise par un tribunal administratif, à la suite d'un recours de l'ONG Proactiva Open Arms, avait toutefois suspendu ce texte.

Matteo Salvini a annoncé un recours "urgent" contre cette décision, et a signé un nouveau décret, au motif que le comportement de l'Open Arms depuis le premier décret démontrait son "objectif politique de porter [les migrants] en Italie".

Jeudi, le gouvernement espagnol a annoncé être prêt à prendre sa part, à condition que soit conclu un accord de répartition entre plusieurs pays européens. "La seule chose qui manque, c'est qu'on nous assigne un port", a-t-il déclaré.

Après un total de trois opérations de secours au cours des 12 derniers jours et une série d'évacuations médicales, l'Open Arms compte désormais 147 migrants à bord, dont près d'une trentaine de mineurs.

Les migrants de l'Open Arms devraient réussir à rallier le Vieux Continent.

Le pouvoir de Matteo Salvini, chef de La Ligue (extrême droite), se trouve néanmoins affaibli depuis qu'il a fait voler en éclat jeudi dernier son alliance gouvernementale, formée depuis 14 mois avec le Mouvement Cinq Etoiles (M5S, anti-système). "Imaginez-vous qu'il y a deux lavabos et 180 m2 abrités". À Paris, la présidence de la République a assuré que la France était "active", "en lien avec la Commission européenne", pour trouver une solution pour les quelque 500 migrants des deux navires, tout en rappelant ses deux principes: débarquement dans "le port sûr le plus proche" puis répartition des migrants.

Neuf personnes ont été débarquées de l'Open Arms ce jeudi soir, neuf migrants dans un état jugé préoccupant.

Contredisant le ministre de l'Intérieur Matteo Salvini, un tribunal administratif italien, saisi par l'ONG espagnole, a jugé mercredi que l'Open Arms devait être autorisé à entrer dans les eaux territoriales italiennes en vertu du droit maritime international. "C'est grâce à ce concept présumé d'humanité que dans les années de gouvernement démocrate, l'Italie est devenue le camp de réfugiés de l'Europe", a-t-il asséné.

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