Mobilisation massive des militants pro-démocratie — Hong Kong

Une démonstration de force de la police armée a eu lieu ce jeudi 15 août dans un stade près de Hong Kong.                  STR  AFP

Une démonstration de force de la police armée a eu lieu ce jeudi 15 août dans un stade près de Hong Kong. STR AFP

La police a été critiquée pour avoir eu recours à des méthodes de plus en plus agressives pour disperser les manifestations. Des dizaines de milliers de parapluies multicolores ont convergé, ce dimanche, vers le parc Victoria, au cœur de l'île de Hong Kong, avant de se diriger vers le centre financier de la ville, bravant ainsi l'interdiction de la police qui n'avait autorisé qu'un rassemblement statique dans le parc. "Nous ne lâcherons rien".

Alors que la mobilisation est plus forte que jamais à Hong Kong, Donald Trump a prévenu la Chine qu'un nouveau "Tiananmen", référence à la répression de juin 1989 à Pékin, compromettrait tout accord commercial avec Washington.

Dix semaines après la première manifestation du 9 juin dernier, le mouvement pro-démocratique estime n'avoir presque rien obtenu si ce n'est la " suspension " de la loi d'extradition vers la Chine.

L'ambassade d'Ottawa exhorte le Canada "à respecter le droit international et les normes fondamentales régissant les relations internationales, à respecter de bonne foi la souveraineté de la Chine et à cesser immédiatement de s'immiscer dans les affaires de Hong Kong et les affaires intérieures de la Chine".

La manifestation ce dimanche est à cet égard un test de la détermination des militants pro-démocratie, et de la popularité de leur mouvement. Ils ont également diffusé des images de soldats chinois et de transports de troupes blindés massés de l'autre côté de la frontière, à Shenzhen.

Les manifestants ont cinq demandes fondamentales, parmi lesquelles l'abandon total du projet de loi sur les extraditions, la démission de Mme Lam, ou encore une enquête sur l'usage de la force par la police, qui a utilisé de grandes quantités de lacrymogènes ces dernières semaines et souvent tiré des balles en caoutchouc sur les manifestants.

Les manifestations se succèdent à Hong Kong depuis plus de deux mois et la Chine a récemment durci le ton, faisant redouter une répression comme celle de juin 1989 à Pékin, lorsque l'armée chinoise avait mis fin au mouvement pro-démocratie mené par des étudiants en faisant des centaines voire plus d'un millier de morts.

La manifestation de dimanche devrait être beaucoup plus massive que les actions de la veille.

Samedi, des milliers d'enseignants avaient défilé sous une pluie torrentielle.

Certains manifestants s'en sont pris aux locaux de la Fédération des syndicats, une organisation pro-Pékin, les couvrant de graffitis et les bombardant d'oeufs.

Conformément à la déclaration sino-britannique de 1984 qui avait défini le principe "Un pays, deux systèmes", Hong Kong jouit de libertés inconnues dans le reste de la Chine, et ce jusqu'en 2047. Un mouvement qui se solde désormais par plus de 700 arrestations. "Le moyen le plus direct d'informer les touristes sur leur combat pour la défense des libertés à Hong Kong", d'après ce qu'ils déclarent au média NBC News. La version anglaise de la chanson "À la volonté du peuple", interprétée originellement par Michel Sardou en 1980, est devenue leur hymne.

Cette musique était aussi utilisée par les Turcs autour du parc de Gezi en 2013 et lors de la révolution en Ukraine.

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