Salvador: acquittement d'une femme jugée pour homicide après avoir perdu son bébé

Au Salvador, une femme accusée d'homicide pour avoir perdu son bébé

Salvador: de nouveau jugée pour homicide après avoir accouché d'un bébé mort-né

Evelyn Hernandez, jeune femme du Salvador qui encourait 30 à 50 ans de prison pour l'homicide de son bébé, a été acquittée lundi, a annoncé une de ses avocates, dans ce pays où la législation anti-IVG est l'une des plus strictes du monde. Mais cette fois, le ministère public salvadorien a changé de chef d'inculpation: la jeune femme n'est plus accusée d'homicide aggravé avec préméditation, mais d'homicide aggravé par négligence.

La jeune femme a été condamnée à 30 ans de prison où elle a passé 33 mois.

"Je veux juste dire que je suis innocente" et "je sais qu'il [le juge] va me rendre justice", a déclaré à son arrivée au tribunal la jeune femme, pantalon noir et haut gris, qui a toujours expliqué que le bébé était mort-né.

Dans la capitale salvadorienne, une centaine de militantes féministes fêtent l'acquittement d'Evelyn Hernandez, ce lundi 19 août. En février 2019, ce premier jugement avait été cassé par la Cour suprême, et Evelyn Hernandez avait été libérée. "Je vous remercie aussi vous toutes qui êtes venues ici", a lancé Evelyn Hernandez aux manifestantes.

L'affaire remonte au 6 avril 2016, lorsque la jeune femme donne naissance à un bébé dans des toilettes. Transférée à l'hôpital de la ville de Cojutepeque (centre), elle avait été arrêtée et accusée d'homicide, a expliqué son avocate Elizabeth Deras. La jeune femme a toujours clamé son innocence et assuré que son enfant était mort-né.

"Cela prouve que le délit n'existait pas, qu'il n'y avait pas lieu d'engager des poursuites", a déclaré à la sortie du tribunal l'avocat Arnau Baulenas de l'Université jésuite centroaméricaine IDHUCA. Le juriste, qui faisait partie de l'équipe de la défense, a déploré que beaucoup de femmes soient poursuivies au Salvador "en raison de convictions religieuses" plus que pour des motifs juridiques.

Dans un communiqué, l'organisation de défense des droits de l'homme, Amnesty International salue "une victoire éclatante pour les droits des femmes au Salvador". Mais, dans les faits, les juges considèrent toute perte du bébé comme un "homicide aggravé", puni de 30 à 50 ans de réclusion. Actuellement au Salvador, 16 femmes sont en prison pour avoir eu recours à l'avortement. Mais dernièrement, cinq femmes condamnées pour des cas identiques ont été remises en liberté.

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