Venezuela: imbroglio autour de 'contacts' entre Washington et le camp Maduro

Malgré l'embargo américain sur le Venezuela, Trump et Maduro échangent «à un très haut niveau»

Des contacts secrets entre le Venezuela et les États-Unis confirmés par Trump et Maduro

"On est en contact".

Lundi, le chef du commandement Sud des États-Unis, l'amiral Craig Faller, a assuré que la marine américaine était prête " à faire le nécessaire " au Venezuela, après que Donald Trump eut indiqué être disposé à envisager un embargo total du pays. "Nous parlons à plusieurs représentants du Venezuela", "à différents niveaux", répond Donald Trump. " Ceux qui nous contactent dans le dos de Maduro ne parlent que de son départ et d'élections libres ", a tweeté John Bolton, conseiller à la sécurité nationale du président Trump.

S'il laisse entendre l'existence d'un dialogue entre les deux pays, cet échange interposé contraste avec les tensions diplomatiques régulières entre les deux pays, surtout depuis que Washington soutient officiellement l'autoproclamé président par intérim Juan Guaido, ne reconnaissant ainsi pas de légitimité à Nicolas Maduro, réélu président de la République bolivarienne du Venezuela au mois de mai 2018, avec 67,8 % des voix. " Je ne veux pas dire qui, mais nous parlons à un très haut niveau ", ajoute-t-il. Comme pour couper court par avance à l'idée que ces contacts ont lieu dans son dos avec des membres de son entourage en rupture de ban, il insiste sur le fait qu'ils ont reçu son "autorisation expresse". Dans la même soirée, le président Nicolas Maduro a confirmé les déclarations de son homologue américain, soulignant que ces contacts avaient lieu "depuis des mois". L'opposant à Nicolas Maduro, Juan Guaido, a quant à lui moqué le président qui veut " faire croire qu'il est impliqué dans ce processus ". En mars, Washington retirait tous ses diplomates et ne cesse, depuis des mois, de renforcer ses sanctions économiques contre ce pays en crise.

Mais l'administration Trump a déjà dit par le passé qu'elle conservait un canal diplomatique avec le pouvoir du dirigeant socialiste.

"Nous avons des contacts avec le régime de facto, j'entends par là le régime Maduro, nous avons des contacts avec lui, car nous sommes préoccupés par des questions comme la sécurité des Américains", avait par exemple reconnu fin janvier l'émissaire américain Elliott Abrams.

Le gouvernement américain a aussi laissé entendre qu'il œuvrait en coulisses à retourner des membres du camp Maduro. Il a ainsi levé ses sanctions visant l'ancien chef du renseignement vénézuélien Christopher Figuera, qui a tourné le dos au pouvoir de Caracas et fait défection, et il a promis d'en faire autant pour tous les futurs transfuges.

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