C’est la France qui a décidé d’inviter Zarif à Biarritz, insiste Macron

Emmanuel Macron et Angela Merkel,  dimanche matin à Biarritz

Emmanuel Macron et Angela Merkel dimanche matin à Biarritz. Markus Schreiber Pool via REUTERS 5Plein Ecran

La France a de son propre chef pris la décision d'inviter le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif au sommet du G7 à Biarritz, a fait savoir le Président Macron lors de la conférence de presse finale du sommet.

Les Iraniens ont cessé en juillet de respecter certains engagements prévus par l'accord de Vienne encadrant leur programme nucléaire, en réaction au désengagement en mai 2018, des Etats-Unis de cet accord et à la réintroduction de lourdes sanctions américaines contre la république islamique.

Le gouvernement iranien fait face à des critiques après la visite surprise de M. Zarif, invité dimanche à Biarritz par le président français Emmanuel Macron, en marge du G7.

Lundi, le journal ultraconservateur Kayhan a qualifié de "malvenu" le déplacement de M. Zarif en France. "Le président s'est entretenu deux heures avec Donald Trump à déjeuner samedi".

"Je peux dire qu'on a parlé de tout", a poursuivi le président, qui s'est réjouit que les leaders mondiaux n'aient pas "anônné des fiches de notes". "Il y a un message du G7 sur nos objectifs, et le fait qu'on les partage évite les divisions", avait assuré Emmanuel Macron sur la chaîne de télévision LCI/TF1. Ajoutant au climat d'incertitude, il a multiplié les déclarations contradictoires: s'il a dit ne regretter qu'une chose -"ne pas avoir encore plus relevé les droits de douane " contre la Chine-, il a annoncé, lundi, la reprise des négociations pour un résultat qui sera "géant pour la Chine, géant pour les Etats-Unis, géant pour le monde ".

M. Johnson en a aussi profité pour faire du charme à Donald Trump, espérant nouer avec Washington des relations commerciales privilégiées pour amortir le choc du Brexit. "C'est l'homme qu'il faut pour faire le travail", a-t-il lancé lors de leur première rencontre dimanche, autour d'un petit déjeuner, lui promettant un "très grand accord commercial" dès que Londres aura quitté l'UE.

Coup de poker manqué, tentative de mettre les Etats-Unis au pied du mur? Temps fort de la journée, le président hôte, Emmanuel Macron, pourrait tenir une conférence de presse commune avec l'hôte du prochain G7, Donald Trump, dans l'après-midi. La Russie a été exclue du G8 en 2014 après l'invasion de la Crimée.

MM. Macron, Trump et Johnson ont aussi débattu dimanche avec Angela Merkel, Shinzo Abe, Giuseppe Conte et Justin Trudeau de l'état de l'économie mondiale, qui montre des signes inquiétants d'essoufflement en Allemagne, en Chine et aux Etats-Unis, et des moyens de la relancer.

A quelques dizaines de kilomètres, les opposants au G7 n'entendent pas désarmer après avoir tenu un contre-sommet et un rassemblement en fin de semaine.

Interrogé sur les affaires internes à la France, Emmanuel Macron a déclaré vouloir "éradiquer progressivement la grande violence" qu'il dit avoir constaté dans les manifestations de "gilets jaunes", tout en voulant "changer la manière d'assurer la sécurité" pour "réduire le nombre de blessés".

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