Brexit : Boris Johnson perd un vote crucial au Parlement britannique

Brexit la Haute Cour de Londres rejette une demande d’annuler la suspension du Parlement

Boris Johnson : les conservateurs n'ont plus de majorité, ça se corse !

Boris Johnson participait mardi à une réunion sur la Santé, dans la résidence officielle du premier ministre. Le chef du gouvernement a annoncé le dépôt d'une motion pour des élections anticipées.

Le vote crucial pour les adversaires d'un no deal, s'il est autorisé par le président de la Chambre des Communes, doit intervenir vers 21H00 heure locale (20H00 GMT). Le texte a été adopté par 328 voix pour (301 contre), réunissant députés de l'opposition mais aussi conservateurs hostiles à une sortie de l'Union européenne (UE) sans accord évoquée par Boris Johnson qui est résolument opposé à un report.

Boris Johnson s'est déjà attiré les foudres des députés en décidant de suspendre pendant cinq semaines le Parlement, comme il en a le droit, jusqu'au 14 octobre, leur laissant très peu de temps pour s'opposer à un Brexit dur.

Face au risque de voir le Parlement lui échapper, et l'initiative parlementaire menée par Hilary Benn réussir, Boris Johnson a durci le ton et a menacé, lundi, d'exclusion du parti les Tories "rebelles" qui voudraient voter avec l'opposition.

Boris Johnson assure de son côté qu'il souhaite simplement montrer un front "uni" à Bruxelles pour ne pas affaiblir sa position dans sa renégociation de l'accord de retrait conclu entre l'ex-cheffe du gouvernement Theresa May et Bruxelles. Une motion sur laquelle les députés se prononceront dès mercredi 4 septembre.

Le gouvernement a dit souhaiter que le scrutin ait lieu à la mi-octobre, avant un sommet européen les 17 et 18 octobre à Bruxelles.

Selon l'ONU, un " no deal " ferait perdre aux Britanniques 14,6 milliards d'euros d'exportations vers l'UE. Pour ce faire, ils doivent d'abord récupérer la main sur l'agenda parlementaire, contrôlé par le gouvernement.

"Il n'y aura pas de délai inutile supplémentaire ", a scandé Boris Johnson en appuyant lentement sur chaque syllabe, mardi, dans une allocution à la Chambre des communes.

Dans cette bataille tactique, Jeremy Corbyn, chef du Labour, la principale formation d'opposition, garde toutes les options ouvertes, y compris une motion de censure contre le gouvernement. Les élus rebelles du parti conservateur ont fait mardi dans la provocation, en privant numériquement Boris Johnson de sa majorité absolue. Et il s'est dit prêt à des élections législatives "pour que les gens décident de leur avenir". Les travaillistes feraient alors campagne pour un nouveau référendum sur l'appartenance à l'UE. Les "chances" d'un accord avec l'UE "ont augmenté" ces dernières semaines, a-t-il estimé.

"Près de Westminster, plusieurs centaines d'opposants au Brexit ont manifesté jusque tard dans la soirée pour " Défendre notre Parlement " et " Stopper le coup d'État ".

La Haute Cour d'Irlande du Nord examinera de son côté un autre recours, introduit en urgence au nom d'un militant des droits de l'Homme nord-irlandais, Raymond McCord.

Ce dernier a encore affirmé lundi soir qu'"en aucune circonstance" il ne demanderait un report à Bruxelles.

Dernières nouvelles