Démission imminente de Saikawa — Nissan

Le patron de Nissan Hiroto Saikawa démissionnera le 16 septembre après avoir indûment perçu des centaines de milliers d'euros

Le patron de Nissan Hiroto Saikawa le 9 septembre 2019 à Tokyo au Japon. Kyodo via Reuters

Le directeur général exécutif de Nissan, Hiroto Saikawa, rattrapé par un scandale de prime indûment perçue, va démissionner le 16 septembre, a annoncé lundi le groupe qui vit un nouvel épisode de sa profonde crise depuis l'arrestation et l'éviction de Carlos Ghosn. Ces révélations sont contenues dans un audit interne qui doit être présenté lundi après-midi aux membres du conseil d'administration de Nissan, qui se réuniront au siège du partenaire de Renault à Yokohama, près de Tokyo.

À la demande de Hiroto Saikawa, la date d'exercice de ses SAR avait été différée d'une semaine, entraînant une hausse "illégitime" de sa prime à hauteur de 47 millions de yens (environ 400 000 euros au cours actuel), selon l'audit de Nissan.

" Sur cette somme, 25 milliards ont été déboursés par Nissan et 10 milliards ont été provisionnés mais non payés", a détaillé Motoo Nagai, le responsable du comité d'audit au sein du conseil d'administration.

Depuis l'arrestation de Carlos Ghosn, la place d'Hiroto Saikawa, directeur général de Nissan, a semblé menacée à de nombreuses reprises. Depuis des mois, des actionnaires de Nissan réclamaient son départ, le jugeant trop associé à l'ère Carlos Ghosn, dont il fut longtemps le protégé avant de retourner sa veste. Il avait lui-même promis en juin de préparer sa succession au plus vite. "De l'indignation et du ressentiment", avait encore lancé M. Saikawa en novembre dernier. Le patron français, à la tête de l'entreprise nipponne depuis 1999, loue " la compétence et l'expérience " du management de Nissan, qu'il a " formé pendant dix-huit ans " et qui sera à même de conduire les affaires et réaliser les stratégies de l'entreprise.

" Vient un temps où il faut passer le relais à quelqu'un d'autre".

La dégradation des relations avec Renault a été une source d'inquiétudes pour les investisseurs, jetant un doute sur l'avenir de l'alliance dont Carlos Ghosn était l'architecte, alors que le secteur doit faire face à de lourds investissements en raison du basculement vers la voiture électrique et autonome.

En dehors de Nissan, M. Saikawa a présidé la puissante Association des constructeurs automobiles japonais (JAMA).

Mais, à partir de mi-2017, quand M. Ghosn a pris du champ, cédant les commandes exécutives du groupe à son poulain, le bon élève a progressivement changé d'opinion sur son mentor.

Et des rancunes envers M. Ghosn, M. Saikawa n'a pas eu de mal à en trouver d'autres dans l'entreprise, selon un ancien employé interrogé par l'AFP.

Certains avaient déjà critiqué le silence de M. Saikawa quand il était sous les ordres de Ghosn sur les agissements de ce dernier.

Hiroto Saikawa ne parvient cependant pas à se détacher de l'ombre de celui que les médias japonais appellent alors " le suspect Ghosn ". Et au-delà de belles paroles, il n'a pas davantage su établir une relation de confiance avec la nouvelle direction de Renault.

Nissan va demander le remboursement des dommages, a indiqué M. Kimura.

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