L'Inde annonce avoir perdu le contact avec sa sonde lunaire Chandrayaan-2

Des badauds invoquent la bienveillance du dieu Ganesh pour protéger le lanceur de la sonde Chandrayaan-2 à Ahmedabad au sud-ouest de l’Inde le 6 septembre 2019. 2019. REUTERS  Amit Dave

L'Inde annonce avoir perdu le contact avec sa sonde lunaire Chandrayaan-2

Vikram ne répond plus. L'agence spatiale indienne a perdu le contact samedi avec la sonde inhabitée qui devait atterrir sur la Lune.

Partie le 22 juillet de la Terre, la mission Chandrayaan-2 ("Chariot lunaire 2", en français) avait pourtant bien commencé.

Dans la salle de contrôle, les visages laissaient apparaître un certain désespoir.

La prochaine opération, prévue le 2 septembre, sera la séparation de l'atterrisseur Vikram et de l'orbiteur Chandrayaan-2. "Puis la communication a été perdue", a-t-il dit. "Les données sont en cours d'analyse", a-t-il ajouté.

Le premier ministre indien Narendra Modi, présent à Bangalore, a assuré aux scientifiques, après l'annonce de la perte de contact, que ce qu'ils avaient fait "n'était pas un mince exploit". "Votre dur labeur nous a déjà enseigné beaucoup et le pays tout entier est fier de vous". Grâce aux instruments scientifiques répartis entre l'atterrisseur Vikram, le rover Pragyan et la sonde en orbite, Chandrayaan-2, l'Inde devait offrir une première idée de ce que les futurs colons lunaires trouveront sur place.

Lancé à plus de 2,5 km/s, l'alunisseur devait stopper sa course brutalement à quelques centaines de mètres du sol, avant de se poser délicatement à l'aide de retro-fusées. L'engin a été apparemment "incapable de ralentir suffisamment" à l'approche de la surface de l'astre.

L'Inde espère devenir la quatrième nation au monde à réussir à poser un appareil sur la Lune, après l'Union soviétique, les Etats-Unis et la Chine. Une sonde israélienne a raté son alunissage en avril et s'est écrasée. Les précédents alunissages, notamment ceux du programme américain Apollo, sont survenus au niveau de l'équateur sur la face visible de la Lune. Vikram a depuis réalisé deux manœuvres visant à abaisser son orbite, jusqu'à atteindre, ces dernières heures, une orbite elliptique de 36 kilomètres par 110 kilomètres, requise pour se poser sur la Lune. "C'est pour cela que tout la communauté scientifique suit cette mission".

Les déboires du programme spatial indien font réagir le voisin et ennemi pakistanais.

L'ISRO compte d'ici à 2022 envoyer un équipage de trois astronautes dans l'espace, ce qui serait son premier vol habité.

Certains observateurs ne manqueront pas de mettre en cause le budget dans cet échec: avec une facture globale de 140 millions de dollars (124 millions d'euros), la mission était très peu chère comparée à ses équivalents au sein des autres agences spatiales, confirmant la propension de l'Inde à allier ambition et sobriété budgétaire.

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