L'Iran accentue la pression sur les Européens — Nucléaire

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"Le temps presse", a lancé lundi l'AIEA aux responsables iraniens exhortés à coopérer "pleinement" avec le gendarme onusien chargé de contrôler les activités nucléaires de l'Iran au moment où ce pays a franchi une nouvelle étape dans la réduction de ses engagements.

Samedi, l'OIEA a indiqué que 20 centrifugeuses de type IR-4 et 20 autres de type IR-6 avaient été actionnées. L'accord sur le nucléaire iranien de 2015 ne l'autorisait, à ce stade, à produire de l'uranium enrichi qu'avec des centrifugeuses de première génération (IR-1).

Cette visite intervient au lendemain de l'annonce par l'Iran de la mise en route de centrifugeuses avancées devant augmenter son stock d'uranium enrichi.

Ce texte a été conclu entre Téhéran et le groupe 5 1 (Chine, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie et Allemagne). Téhéran fait ainsi fi des appels de l'Europe l'enjoignant à cesser de réduire ses engagements en matière nucléaire. Selon l'AIEA, il soumet l'Iran au régime d'inspection le plus strict jamais conçu par cette agence onusienne.

"Nous espérons que les parties concernées pourront se rencontrer à mi-chemin (.) pour que les tensions autour de la question nucléaire iranienne s'atténuent", a déclaré à Pékin une porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Hua Chunying.

Ce pacte est menacé depuis que le président américain Donald Trump l'a dénoncé, en mai 2018. Ce texte prévoit en effet la levée d'une partie des sanctions internationales qui isolaient l'Iran depuis des années, en échange d'une limitation drastique de son programme nucléaire devant garantir que le pays ne se dotera pas de l'arme atomique.

Depuis mai, Téhéran a augmenté ses stocks d'uranium enrichi au-delà de la limite fixée par l'accord, et enrichit ce minerai à 4,5%, niveau supérieur au plafond fixé (3,67%), mais très loin du seuil requis pour une utilisation militaire. "Actuellement, nous n'avons pas besoin d'enrichir à 20%, et si le besoin se présente à un moment donné, nous commencerons par augmenter notre stock d'uranium enrichi à 4,5%", a-t-il observé.

Les échantillons prélevés par les inspecteurs de l'ONU dans ce que le Premier ministre Netanyahu a appelé un "entrepôt atomique secret" à Téhéran ont montré des traces d'uranium que l'Iran n'a pas encore expliquées, ont indiqué à Reuters deux diplomates qui suivent les travaux de l'agence.

En visite à Paris, le secrétaire américain à la Défense, Mark Esper, a déclaré ne "pas être surpris" par la décision de l'Iran, qu'il accuse de "violer" l'accord de Vienne. Téhéran affirme au contraire que toutes les mesures prises depuis mai sont "conformes" à ce texte.

La ministre française des Armées a de son côté rappelé la volonté de Paris de "ramener l'Iran au respect de l'accord de Vienne".

Mais le projet discuté ces derniers jours d'une ligne de crédit de 13,5 milliards d'euros qui serait accordée à l'Iran pour permettre son retour à une pleine application de l'accord, bute sur le refus de Washington d'alléger les sanctions.

"L'accord n'est pas à sens unique et nous agirons dans la lignée de ce que nous avons fait jusqu'à présent en nous désengageant progressivement", a déclaré Ali Akbar Salehi après avoir rencontré le directeur de l'Agence internationale de l'énergie atomique, Cornel Feruta.

L'agence a indiqué que ses inspecteurs sur le terrain rendraient compte prochainement de la situation créée par la décision prise par Téhéran de mettre en route de nouvelles centrifugeuses.

"Nous nous joignons aux autres Etats membres du conseil de l'AIEA désireux d'obtenir un rapport complet dès que possible", a tweeté samedi le conseiller à la sécurité nationale de la Maison Blanche, John Bolton.

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