Un dimanche d'élections en forme de test pour les autorités russes

LES RUSSES AUX URNES POUR DES RÉGIONALES TRÈS OBSERVÉES

LES RUSSES AUX URNES POUR DES RÉGIONALES TRÈS OBSERVÉES

"Aujourd'hui, nous nous battons pour détruire le monopole de Russie Unie", le parti du pouvoir, a-t-il déclaré en votant avec sa fille.

Le président russe Vladimir Poutine vote à Moscou le 8 septembre 2019.

L'opposant Alexeï Navalny, 43 ans, a appelé les Moscovites à "voter intelligemment" en soutenant ceux qui sont les mieux placés pour battre les candidats affiliés au pouvoir.

Tous les yeux seront rivés vers la capitale, où des manifestations quasi-hebdomadaires ont eu lieu cet été pour protester contre l'éviction de candidats de l'opposition à l'élection du Parlement local.

Neuf anciens députés du parti présidentiel Russie unie n'ont pas réussi à garder leur siège, parmi lesquels le chef de la branche moscovite du parti, Andreï Metelsky, député depuis 2001.

Face à la chute de la popularité de Russie unie, les autorités avaient pourtant pris soin de ne présenter aucun candidat sous cette bannière, tentant d'aller chercher des personnalités issues de la société civile. "Ce qui est important, ce n'est pas la quantité, c'est la qualité" des candidats, avait prévenu dimanche Vladimir Poutine au moment de son vote. Le parti d'opposition libérale Iabloko a remporté trois sièges, de même que le parti Russie juste, toujours selon RIA. Si le parti au pouvoir garde la majorité à la Douma de Moscou, avec 25 sièges sur 45, les députés proches du Kremlin perdent près d'un tiers de leurs élus par rapport à la mandature précédente, soit 13 sièges.

Les résultats définitifs pour les plus de 5.000 scrutins locaux devraient être connus dans la journée de lundi.

Pour la plupart non autorisées, les manifestations de l'été ont donné lieu à près de 2.700 interpellations à Moscou, du jamais vu depuis la vague de protestations de 2011-2012 qui avait précédé le retour de Poutine à la présidence après un mandat de Premier ministre.

Pratiquement toutes les personnalités de premier plan de l'opposition se sont vu infliger de courtes peines de prison et cinq manifestants de lourdes peines pour "violences " envers les forces de l'ordre, allant jusqu'à quatre ans de prison.

Quelque 2700 personnes ont été arrêtées au courant de l'été dans le cadre du mouvement de contestation dénonçant l'exclusion des candidats d'opposition des élections municipales.

En tout, plus de 5000 scrutins ont lieu dans le pays dimanche. Les Russes vont élire 16 gouverneurs régionaux et les parlementaires locaux de 13 régions, dont la Crimée, péninsule ukrainienne annexée par la Russie en 2014.

En dehors de Moscou, la campagne pour l'élection du gouverneur de Saint-Pétersbourg a été parmi les plus controversées, le Kremlin soutenant le très impopulaire gouverneur sortant, Alexandre Beglov. Ce scrutin permettra surtout de mesurer le soutien des Russes aux candidats pro-Kremlin et à Vladimir Poutine, après un été de manifestations durement réprimées.

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