Une enveloppe de 750 millions d'euros pour les hôpitaux — Urgences

Urgences : Agnès Buzyn promet de l’argent et des solutions pour le long terme

Greve et manifestations aux Urgences de La Rochelle lors de la visite de Agnes Buzyn ministre de la Santé. XAVIER LEOTY

Ces mesures comprennent un "budget dédié" qui s'élève à 750 millions jusqu'en 2022, rapporte franceinfo.

"L'heure n'est plus au constat mais aux solutions ", a déclaré la ministre devant la presse à l'issue de sa rencontre avec les représentants des personnels et dirigeants hospitaliers, des syndicats de médecins libéraux et du collectif Inter-Urgences, à l'origine de la grève.

Obligée de revoir son dosage, Mme Buzyn a dévoilé en début de semaine une deuxième salve de mesures "remontées du terrain", comme "l'admission directe" des personnes âgées sans passer par les urgences, la "vidéo-assistance " entre les Ehpad et les régulateurs du Samu, ou encore l'envoi d'une ambulance vers un médecin libéral pour les cas les moins graves.

Mais cette somme, puisée dans les crédits existants, n'entraînera pas la hausse de budget consacrée à la santé réclamée par les grévistes. Son plan a été accueilli plutôt fraîchement par le collectif Inter-urgences qui revendique davantage de postes et de lits et la CGT a maintenu son appel à manifester demain. Sans compter les revendications salariales, également au cœur des revendications.

Dans l'immédiat, elle préfère miser sur la mise en place, d'ici "à l'été 2020 ", d'un service d'accès aux soins " (SAS). Pas si simple à mettre en place, parce que les pompiers veulent un numéro commun avec la police, et que les médecins libéraux veulent pousser le 116 117, leur numéro. Un débat qui dure depuis des années.

Privilégiant la lutte contre un recours systématique aux urgences, nombre de mesures du plan Buzyn sont frappées au coin du bon sens. Pour preuve, la prime mensuelle de 100 euros net versée depuis juillet et les 15 millions d'euros débloqués pour recruter des renforts estivaux n'ont pas empêché le mouvement de s'étendre.

Une panoplie censée limiter l'afflux de patients dans des services déjà saturés, dont la fréquentation a plus que doublé en vingt ans, atteignant 21,4 millions de passages en 2017.

Mais pas suffisant pour satisfaire Hugo Huon.

"On réfléchit à de nouveaux arrêts maladie groupés ", indique en outre Hugo Huon du collectif inter-urgences, tout en reconnaissant que "certains ont peur " quant "d'autres trouvent que ce n'est pas éthique ". De son côté, le ministère en avait recensé 195 mi-août. "Cet infirmier à l'hôpital parisien Lariboisière critique aussi un " déni des professions paramédicales " qu'Agnès Buzyn " se refuse complètement à revaloriser ".

Dans ce contexte, et à la veille de l'assemblée générale du collectif prévue mardi à 12H, les annonces d'Agnès Buzyn - qui s'ajoutent à celles dévoilées en juin puis le 2 septembre- seront scrutées de près.

L'événement a reçu le soutien de plusieurs syndicats et associations de médecins hospitaliers, invitant les praticiens "à rejoindre la mobilisation" pour "mettre fin aux restrictions budgétaires pour l'hôpital public".

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